À l’heure où les enjeux climatiques deviennent des priorités mondiales, la diaspora marocaineforte de plus de 5 millions de personnes détient un potentiel stratégique souvent sous-exploité. Et si les marocains du monde s’unissaient pour créer un lobby vert au service d’un Maroc durable, résilient et visionnaire ? Une idée ambitieuse, mais pas irréaliste, au croisement de l’expertise internationale, du patriotisme transfrontalier et des nouveaux impératifs écologiques.
La diaspora marocaine : un levier vert encore en friche
Les MRE sont depuis longtemps un pilier économique du Royaume. En 2023, leurs transferts ont franchi la barre des 100 milliards de dirhams, confirmant leur rôle vital pour la stabilité financière du pays. Mais leur impact ne saurait se résumer à des flux monétaires. Médecins, ingénieurs, chercheurs, entrepreneurs, consultants en innovation, acteurs culturels… les MRE occupent des postes clés dans les écosystèmes d’innovation et de transition énergétique à travers le monde, notamment en Europe, au Canada, aux États-Unis et dans le Golfe.
Dans un contexte mondial dominé par la transition écologique, le Maroc affiche de grandes ambitions : développement des énergies renouvelables, politique nationale de l’eau, plan de décarbonation industrielle, programme “Forêts du Maroc“,... Or, pour réussir ces mutations profondes, le pays doit s’appuyer sur des talents capables de connecter les solutions locales aux meilleures pratiques internationales. Et ces talents existent déjà, souvent motivés par une volonté forte de contribuer à leur pays d’origine. Encore faut-il leur offrir un cadre structuré, crédible et influent, c’est là qu’intervient la proposition d’un lobby vert des MRE.
Qu’est-ce qu’un lobby vert MRE ?
Dans son essence, un lobby n’est pas nécessairement synonyme de groupes d’intérêts opaques. C’est aussi, dans sa version la plus constructive, un collectif d’acteurs structurés œuvrant pour une cause d’intérêt général. Un lobby vert MRE pourrait ainsi être défini comme un réseau transnational de marocains du monde mobilisés pour accélérer la transition écologique du Royaume, via le plaidoyer, la coopération, l’investissement, le transfert de savoir-faire et la sensibilisation.
Ce réseau pourrait agir à plusieurs niveaux :
Le Maroc, un terrain fertile pour une coalition verte de la diaspora
Le Royaume ne part pas de zéro. Il s’est imposé comme un acteur africain majeur de la transition énergétique, avec des projets emblématiques comme Noor Ouarzazate, la promotion de l’hydrogène vert, ou encore le programme “Villes durables“ à Rabat, Casablanca et Agadir. Mais les défis restent immenses : sécheresse chronique, urbanisation accélérée, inégalités territoriales, pollution plastique, pression démographique…
Dans ce contexte, les MRE peuvent jouer un rôle complémentaire aux efforts de l’État et du secteur privé. Leur connaissance des écosystèmes circulaires en Europe ou en Amérique du Nord, leur accès à des réseaux d’experts en développement durable, leur culture de la gouvernance environnementale participative, et leur capital de confiance à l’international constituent un levier puissant.
Un lobby vert structuré permettrait aussi de corriger un déséquilibre : la participation des MRE est encore trop souvent cantonnée à des dons ponctuels ou à des investissements immobiliers. Il est temps de passer à un engagement d’impact, à long terme et en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) définis par l’ONU.
Vers une plateforme mondiale des MRE pour la transition verte
Pour transformer cette vision en réalité, il faudrait envisager la création d’une plateforme mondiale des MRE pour le climat et la durabilité. Ce hub collaboratif, basé au Maroc ou en ligne, pourrait :
- Cartographier les compétences vertes de la diaspora.
- Identifier les projets durables à soutenir dans les différentes régions marocaines.
- Organiser des forums annuels, à l’instar des Climate Weeks ou des Green Summits.
- Offrir des espaces de co-création entre MRE, startups, collectivités territoriales et ONG marocaines.
- Développer une stratégie de communication verte, afin de mobiliser largement.
Un événement majeur tel qu’une Conférence internationale des MRE pour le climat, organisée à Rabat ou Marrakech pourrait devenir le point de départ symbolique et stratégique de ce mouvement. Il s’agirait de créer une communauté transfrontalière mobilisée pour l’avenir du Maroc et pour la planète.
D’une idée à un modèle à suivre
Et si les MRE formaient un lobby vert pour le Maroc de demain ? Ce n’est pas une utopie : c’est un projet réaliste, aligné avec les valeurs de solidarité, de responsabilité et d’innovation que porte la diaspora. C’est aussi une formidable opportunité pour le Maroc de valoriser ses forces vives à l’étranger, tout en accélérant une transition écologique devenue indispensable.
Dans un monde en quête de modèles hybrides, entre local et global, entre modernité et racines, la naissance d’un lobby vert MRE pourrait inspirer d’autres pays du Sud, et inscrire durablement le Royaume comme leader africain de l’écologie inclusive. Le temps de l’action a sonné : et si cette nouvelle force verte naissait dès aujourd’hui ?
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