jeudi 14 mai 2026

Stellantis délaisse l’Espagne pour le Maroc

Le groupe Stellantis poursuit sa stratégie de redéploiement industriel, et le Maroc en sort grand gagnant. Le constructeur automobile franco-italo-américain a annoncé sa décision de produire la version électrique de la Citroën C4 dans son usine de Kénitra, tout en maintenant l’assemblage de la version thermique à Villaverde, près de Madrid. Ce transfert stratégique illustre un glissement progressif mais assumé des priorités industrielles de Stellantis du territoire espagnol vers le Royaume.

Selon les révélations de La Tribuna de Automoción, cette décision n’est pas anodine : elle répond à une logique d’optimisation des coûts et de rationalisation de la production au sein du groupe. Stellantis cherche à adapter sa stratégie industrielle aux nouvelles contraintes économiques et technologiques, notamment la montée en puissance des véhicules électrifiés.

Plutôt que de reconfigurer entièrement sa plateforme STLA Small, initialement conçue pour les véhicules 100 % électriques afin d’y intégrer des motorisations thermiques, une opération jugée trop onéreuse, Stellantis a choisi une approche plus souple : celle d’une refonte en profondeur de l’actuelle base CMP (Common Modular Platform). Cette dernière, déjà utilisée dans plusieurs modèles du groupe, sera désormais capable d’accueillir des modèles hybrides qui partagent la même structure que les électriques.

Ce changement stratégique renforce l’importance du site de Kénitra dans la cartographie industrielle de Stellantis. Déjà reconnu pour sa compétitivité, sa main-d’œuvre qualifiée et ses coûts maîtrisés, le complexe marocain se positionne de plus en plus comme un hub industriel incontournable pour le groupe en matière de véhicules électrifiés.

En parallèle, la décision de ne pas attribuer à l’Espagne la production de cette version électrique suscite des interrogations au sein du secteur automobile ibérique. Elle reflète une tendance plus large : la montée en puissance de l’industrie automobile marocaine, soutenue par une politique proactive de l’État, des infrastructures modernes, et une intégration croissante dans les chaînes de valeur mondiales.

Pour le Maroc, ce repositionnement est un signal fort : le pays ne se contente plus d’assembler, il devient un acteur clé de la transition électrique mondiale.

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