jeudi 14 mai 2026

Le Sud marocain, nouvelle terre de promesses pour les investisseurs italiens

Le désert du Sahara, loin d’être un frein, se transforme peu à peu en un aimant pour l’investissement étranger. Et si l’on en croit les récentes déclarations de la Chambre de Commerce Italienne au Maroc, les entreprises italiennes sont particulièrement séduites par le dynamisme économique des provinces du Sud du Royaume. Un vent nouveau souffle sur les relations économiques italo-marocaines, promettant une ère de coopération renforcée.

Selon Giulio Frascatani, président de la CCIM, l’intérêt des entrepreneurs italiens pour le Sud marocain ne cesse de croître. Dans une interview accordée à L’Economiste (édition du mercredi 4 juin), il confie avoir plusieurs demandes sur sa table, ciblant notamment la salaison du poisson et l’exportation agricole. Mais l’appétit italien ne s’arrête pas là : le développement des infrastructures touristiques et même les projets d’hydrogène vert suscitent un enthousiasme palpable.

Frascatani ne tarit pas d’éloges sur le potentiel du Sud pour l’exportation de produits halieutiques et agricoles vers l’Italie. Il tempère toutefois, en soulignant que les investissements italiens les plus au sud se limitent pour l’heure à Agadir, bien que quelques groupes hôteliers aient déjà posé leurs valises à Dakhla.

Ces nouvelles perspectives s’inscrivent dans un contexte d’échanges commerciaux déjà bien établis. En 2023, les importations marocaines en provenance d’Italie ont atteint 34,43 milliards de dirhams, tandis que les exportations marocaines vers la botte s’élevaient à 22,31 milliards de dirhams, comme le rapporte L’Economiste citant l’Office des changes. L’Italie se positionne d’ailleurs comme le troisième débouché pour les exportations marocaines, une donnée soulignée par le ministère italien des Affaires étrangères.

Au-delà des nouvelles opportunités dans le Sud, Frascatani rappelle la mission de la CCIM de stimuler les flux commerciaux bilatéraux, notamment dans l’agriculture et l’agrochimie. L’industrie textile, elle aussi, continue de tisser des liens solides entre les deux nations. L’Italie a exporté 154 millions d’euros de textile vers le Maroc, où des marques de haute couture comme Armani, Dolce & Gabbana ou Versace font confectionner leurs pièces, principalement à Casablanca et Tanger, avant de les réexpédier.

« Tanger est un véritable hub pour la mode italienne », affirme Frascatani, insistant sur l’importance stratégique du port de Tanger-Med, une plaque tournante d’où des camions chargés de vêtements partent quotidiennement vers l’Italie.

Quant à la décision de la Cour de justice de l’Union européenne du 4 octobre 2024, annulant les accords agricoles et de pêche entre l’UE et le Maroc concernant le Sahara, Frascatani a précisé que le gouvernement italien n’avait pas encore pris position officielle sur le sujet.

Enfin, le président de la CCIM a salué avec enthousiasme l’Initiative Atlantique lancée par le Maroc pour désenclaver les pays du Sahel. Pour lui, il s’agit d’une opportunité majeure pour renforcer la coopération intercontinentale, dessinant un avenir où le Maroc joue un rôle pivot dans le développement régional.

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