jeudi 14 mai 2026

L’UE et le Maroc : une affaire d’étiquettes qui met les agriculteurs espagnols en alerte

À Bruxelles, l’atmosphère est tendue. Andrés Góngora, représentant de la Coordination des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs (COAG), est venu chercher des réponses. Il a rencontré des responsables de la commission européenne, du parlement et de la représentation espagnole auprès de l’UE. Son inquiétude ? La mise en œuvre par le Maroc de l’arrêt de la Cour de justice de l’UE. Cette décision oblige le royaume à indiquer clairement l’origine des produits cultivés au Sahara sur leurs étiquettes.

Mais les explications des responsables européens n’ont pas dissipé ses doutes.« Il y a peu de transparence », déplore Góngora auprès d’El Debate. « Ils nous disent qu’ils discutent avec le Maroc pour modifier l’accord afin de ne pas enfreindre l’arrêt de la Cour européenne de justice (CJUE), qui oblige les produits cultivés au Sahara à être étiquetés comme sahraouis et non marocains. Ils ne vont pas en profondeur, ils se limitent à dire qu’ils ne peuvent pas nous en dire plus et qu’ils espèrent que ce sera le cas, mais cela ressemble à du vent », dénonce-t-il auprès d’El Debate.

Le responsable de la COAG craint que l’UE ne cherche à modifier l’accord pour permettre au Maroc de continuer comme avant. « Nous avons le sentiment qu’ils veulent légitimer un piège. C’est-à-dire que, comme les entreprises marocaines ont des sièges au Sahara occidental, où elles cultivent, et à Agadir, où elles préparent la commercialisation, nous craignons que le plan soit que l’origine sahraouie disparaisse dans ce processus. Il s’agit d’une fraude », déclare Góngora.

Le dirigeant de l’organisation professionnelle agricole a averti : « Nous ne leur permettrons pas de faire des arrangements cachés », annonçant que si la Commission de l’UE « fait un arrangement bâclé pour satisfaire le Maroc, nous irons automatiquement de nouveau devant les tribunaux. Juridiquement, ils sont entre le marteau et l’enclume ». La solution envisagée par l’UE face à cette situation serait d’affirmer que les Sahraouis bénéficient de l’accord avec le Maroc.

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