Guelmim, une région déjà connue pour son histoire millénaire, est peut-être en passe d’écrire un nouveau chapitre de son histoire, et celui-ci pourrait être entièrement en or. La récente mise au jour de 34 filons aurifères dans cette province de l’Anti-Atlas, à environ 200 kilomètres au sud d’Agadir, n’est pas une simple découverte ; elle pourrait bien redessiner la carte minière mondiale.
Les géologues, sur le terrain, ne cachent pas leur excitation. Les analyses préliminaires révèlent des concentrations en or tout simplement époustouflantes, atteignant par endroits 300 grammes par tonne. Pour mettre ce chiffre en perspective, un gisement est considéré comme « haute teneur » dès qu’il dépasse les 10 g/t. Cette découverte dépasse donc l’entendement. Avec des valeurs qui oscillent entre 6 et 300 g/t, il s’agit de l’une des plus riches du continent.
Ces filons, qui s’étirent sur plus de cent mètres de profondeur et mesurent jusqu’à un mètre et demi de largeur, ne sont pas des gisements isolés. Ils forment un système aurifère complet, un véritable réseau de veines hydrothermales qui pourrait propulser le Maroc dans la cour des grands producteurs d’or africains, aux côtés de pays comme le Mali, le Ghana ou le Soudan. L’exploitation de ces gisements, même en période de marché baissier, serait plus que rentable.
Cette découverte pourrait également résoudre un mystère historique. Le fleuve Draâ, qui traverse la région, a longtemps été une source d’or alluvionnaire, récolté dans ses sables. Les géologues estiment aujourd’hui que cet or proviendrait directement de ces filons primaires, ce qui éclaire d’un jour nouveau le rôle de Guelmim dans les anciens réseaux commerciaux transsahariens.
Si le Maroc est déjà reconnu pour la richesse et la diversité de son sous-sol comme le cuivre, le cobalt, le lithium, et surtout phosphates, dont il détient près de 50 milliards de tonnes de réserves, cette nouvelle manne d’or vient renforcer son positionnement stratégique à l’échelle mondiale. Dans un contexte de tensions géopolitiques, les marchés cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement, et l’intégration de l’or dans son portefeuille minéral pourrait faire du Royaume un acteur incontournable.
Avec un code minier moderne, des infrastructures portuaires de premier plan et une stabilité politique relative, le Maroc a toutes les cartes en main pour attirer les investisseurs étrangers. L’exemple de l’Office Chérifien des Phosphates, qui a su transformer l’extraction en un puissant levier économique, montre la capacité du pays à optimiser ses ressources.
La découverte de Guelmim n’est que la dernière d’une série qui révèle le potentiel minier exceptionnel du pays. L’or qui dormait sous la terre marocaine est désormais réveillé. La fièvre de l’or ne fait que commencer.
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