Après des années d’attente et un chantier chahuté, l’extension pharaonique de l’aéroport international de Rabat-Salé entre dans sa dernière ligne droite. La capitale se dote enfin de la vitrine aérienne qu’exigent son statut et les échéances sportives mondiales à venir. Le dossier de l’aéroport de Rabat-Salé, longtemps emblématique d’un chantier stratégique embourbé, est sur le point de se refermer sur un succès. Initialement promis pour l’été 2022, le projet d’extension colossal, pilier essentiel du programme ‘‘Rabat, ville lumière’’ et maillon crucial de la modernisation nationale en prévision de la CAN 2025 et de la Coupe du Monde 2030, s’apprête enfin à basculer en phase opérationnelle. L’objectif, désormais gravé dans le marbre, est un achèvement total avant la fin de l’année 2025.
Il faut dire que l’enjeu justifiait la persévérance. Une fois le dernier coup de marteau donné, l’aéroport de la capitale marocaine verra sa capacité d’accueil quadrupler, s’envolant de 1,5 million à l’ambitieux seuil de 4 millions de passagers annuels. Une métamorphose nécessaire pour répondre à la nouvelle envergure internationale du Royaume. Au cœur de cette transformation se dresse un terminal flambant neuf de 69 000 mètres carrés, une œuvre architecturale répartie sur plusieurs niveaux. L’expérience voyageur a été repensée pour l’ère moderne : il intégrera des zones commerciales de type ‘‘walk-through’’ et, innovation notable, six passerelles télescopiques garantiront un embarquement et un débarquement fluides, offrant enfin le confort d’infrastructures dignes d’une métropole mondiale.
L’extension ne se limite pas aux seuls espaces intérieurs. Pour soutenir cette nouvelle voilure, le projet a également englobé l’agrandissement de l’aire de stationnement des aéronefs, gratifiée de six nouvelles positions, ainsi que l’édification d’un parking étagé de 1 300 places, conçu pour absorber le flux accru de visiteurs. L’ensemble du nouveau terminal sera, bien entendu, armé de systèmes numériques de dernière génération, assurant une gestion des vols et des contrôles de sécurité à la pointe de l’efficacité. Ce chantier d’une importance capitale, financé conjointement par l’ONDA, la Banque Africaine de Développement et l’Agence Française de Développement, n’a cependant pas été un long fleuve tranquille. Le ‘‘retard considérable’’ évoqué par les autorités a trouvé sa source principale dans un conflit interne ayant entraîné le retrait de l’entreprise chinoise SINOHYDRO, membre du consortium de construction initial.
La perspective d’une livraison imminente, fixée en 2025, sonne ainsi comme une victoire double : non seulement celle de la modernisation attendue, mais surtout celle d’avoir surmonté un imbroglio logistique et contractuel. Rabat-Salé s’apprête à tourner la page d’un dossier épineux, s’affirmant avec force comme un hub moderne et prêt à accueillir le monde.
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