lundi 11 mai 2026

À Tanger, l’immobilier devient un luxe : la classe moyenne au pied du mur

À Tanger, le rêve de devenir propriétaire devient un véritable parcours du combattant pour la classe moyenne. Jadis considérée comme une alternative attractive aux grandes métropoles marocaines, la ville du Détroit connaît depuis le début de l’année une flambée des prix de l’immobilier qui suscite de vives inquiétudes. Aujourd’hui, acquérir un logement à Tanger relève presque du luxe, tant les coûts se sont envolés.

Selon plusieurs professionnels du secteur, les prix ont connu une augmentation de près de 30 % par mètre carré, tant pour les terrains que pour les appartements, plaçant ainsi Tanger à des niveaux similaires à ceux pratiqués dans des villes comme Rabat, Marrakech ou Casablanca. « La cherté existe bel et bien », affirme sans détour le président de l’association des promoteurs immobiliers à Tanger, qui alerte sur une situation devenue critique pour une grande partie des habitants.

Les raisons de cette hausse sont multiples : la rareté du foncier urbain disponible, une forte demande locale et internationale, notamment de la part des marocains résidant à l’étranger, mais aussi des spéculations autour des futurs projets d’aménagement urbain et de développement touristique. Résultat : les prix s’envolent et les jeunes ménages, les primo-accédants ou encore les salariés à revenus modestes se retrouvent exclus du marché.

La pression est telle que certaines familles n’ont d’autre choix que de s’éloigner du centre-ville pour chercher un logement dans des zones périphériques, au détriment de leur qualité de vie et de leur temps de transport. D’autres, découragées, renoncent purement et simplement à l’idée d’acheter un bien immobilier, ou se tournent vers la location, elle aussi de plus en plus chère.

Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler les autorités locales et nationales à intervenir. Plusieurs experts plaident pour une politique de régulation des prix, un encadrement plus strict du marché et le lancement de projets d’habitat social réellement adaptés aux besoins et aux capacités financières de la population. À cela s’ajoute la nécessité d’un meilleur équilibre entre le développement touristique et les besoins résidentiels des Tangérois.

Dans un contexte économique déjà marqué par la hausse du coût de la vie, cette crise immobilière vient accentuer les fractures sociales et met en lumière l’urgence d’une réflexion stratégique sur le droit au logement. Pour la ville de Tanger, réputée pour son dynamisme et sa position stratégique, le défi est désormais de préserver son attractivité sans exclure ses propres citoyens.

Ne manquez rien de l'actualité de la diaspora !

S'inscrire à notre prochaine newsletter pour recevoir nos guides pratiques, nos conseils (démarches, investissement) et l'essentiel de l'actu MRE directement dans votre boîte mail.

AUTRES ARTICLES

- PUBLICITÉ -