Monday 24 August 2026

Banque mondiale : une feuille de route pour renforcer l’emploi des femmes au Maroc

La Banque mondiale place désormais l’emploi des femmes au Maroc parmi les priorités de son Cadre de partenariat-pays 2026-2035. Malgré les progrès réalisés dans l’éducation et la santé, seulement 19 % des Marocaines participent aujourd’hui au marché du travail. Face à ce constat, l’institution internationale propose une stratégie visant à lever les principaux freins économiques, sociaux et territoriaux qui limitent l’activité féminine.

Un taux d’activité féminine toujours faible

Selon la Banque mondiale, la participation des femmes au marché du travail atteint seulement 19 % au Maroc.

Pourtant, les indicateurs de santé et d’éducation ont progressé au cours des dernières décennies.

Cependant, ces avancées ne se traduisent pas par une hausse de l’emploi féminin.

L’institution estime donc que cette situation prive l’économie marocaine d’un important potentiel de croissance.

Les diplômées et les femmes rurales particulièrement touchées

La Banque mondiale souligne un paradoxe.

D’une part, de nombreuses femmes diplômées peinent à trouver un emploi correspondant à leurs qualifications.

Le marché du travail ne crée pas suffisamment de postes adaptés à leurs compétences.

D’autre part, les femmes vivant en milieu rural quittent progressivement la population active.

Beaucoup exerçaient auparavant des activités agricoles informelles ou familiales.

Toutefois, elles accèdent rarement à des emplois plus stables ou mieux rémunérés.

Des obstacles qui freinent l’emploi des femmes au Maroc

L’institution identifie plusieurs freins structurels.

Tout d’abord, le manque de transports publics accessibles et sécurisés limite les déplacements vers les bassins d’emploi.

Ensuite, l’offre de services de garde d’enfants reste insuffisante.

Cette situation oblige souvent les femmes à assumer l’essentiel des responsabilités familiales.

Par ailleurs, l’accès au crédit, aux services financiers et aux actifs productifs demeure plus difficile pour les femmes.

Enfin, certaines normes sociales continuent d’influencer leur accès au marché du travail.

Trois priorités pour favoriser l’inclusion économique

La feuille de route 2026-2035 repose sur trois axes principaux.

Premièrement, la Banque mondiale souhaite soutenir la création d’emplois dans des secteurs porteurs comme l’agroalimentaire, l’aquaculture et le tourisme côtier.

Deuxièmement, elle prévoit d’améliorer les infrastructures afin de réduire les disparités territoriales.

Les projets concernent notamment les transports, les corridors économiques et le développement régional.

Troisièmement, la stratégie vise à renforcer les compétences des femmes, leur protection sociale ainsi que l’accès à des services de garde d’enfants abordables.

Une gouvernance axée sur l’égalité

La mise en œuvre de cette stratégie reposera sur plusieurs mécanismes de suivi.

Ainsi, la Facilité Maghreb pour l’inclusion économique et sociale des femmes accompagnera les projets financés par la Banque mondiale.

De plus, chaque programme intégrera une analyse des inégalités entre les femmes et les hommes dès sa conception.

L’institution appliquera également son Cadre environnemental et social afin de prévenir les risques liés aux violences fondées sur le genre.

Faire de l’emploi féminin un moteur de croissance

À travers cette feuille de route, la Banque mondiale souhaite faire de l’emploi des femmes au Maroc un levier de développement économique.

Enfin, l’objectif consiste à améliorer l’accès des femmes à l’emploi, à réduire les inégalités et à renforcer une croissance plus inclusive au cours de la prochaine décennie.

 

Sources externes : 

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