Le dossier de la fuite de capitaux au Maroc connaît un nouveau développement. L’Office des changes a lancé une vaste opération de contrôle visant plusieurs investisseurs soupçonnés de détenir des avoirs non déclarés à l’étranger.
Cette initiative intervient après plusieurs décisions judiciaires rendues en Europe. En effet, des procédures menées en France, en Espagne et en Belgique ont permis de révéler l’existence de transactions financières importantes ainsi que de patrimoines dissimulés hors du Maroc.
Ainsi, les autorités marocaines ont ouvert plusieurs enquêtes afin de vérifier la conformité de ces opérations avec la réglementation des changes.
Selon plusieurs sources, les investigations concernent notamment :
- des transferts de fonds non déclarés ;
- des investissements réalisés à l’étranger ;
- des actifs financiers détenus hors du Royaume ;
- des opérations suspectées d’évasion de capitaux.
Par ailleurs, l’Office des changes renforce sa coopération avec plusieurs partenaires internationaux afin de faciliter l’échange d’informations financières.
Grâce à cette collaboration, les autorités croisent désormais plus facilement les données relatives aux comptes bancaires, aux investissements et aux mouvements de capitaux.
De plus, les enquêteurs analysent les flux financiers enregistrés au cours des quatre dernières années.
Ils examinent notamment :
- les demandes de transfert de devises ;
- les déclarations d’investissements à l’étranger ;
- les opérations de recapitalisation ;
- les justificatifs financiers transmis aux autorités.
Selon les informations disponibles, plusieurs opérateurs économiques font actuellement l’objet de vérifications approfondies.
L’Office des changes cherche notamment à déterminer si certains contribuables ont utilisé des structures financières complexes pour contourner les règles en vigueur.
Par ailleurs, les contrôles ne concernent pas uniquement les grandes opérations financières.
Les autorités s’intéressent également à certains achats de biens de luxe réalisés à l’étranger, notamment :
- les montres de valeur ;
- les bijoux ;
- les objets d’orfèvrerie ;
- d’autres biens soumis à des obligations déclaratives.
Ainsi, l’administration cherche à identifier l’ensemble des flux financiers qui n’auraient pas été déclarés conformément à la réglementation marocaine.
Selon plusieurs sources, plus de quatre-vingts dossiers font déjà l’objet de notifications ou d’investigations.
Cette mobilisation s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre la fraude financière et les infractions à la réglementation des changes.
Enfin, les autorités souhaitent renforcer la transparence financière et mieux contrôler les mouvements de capitaux à l’international. À travers ces contrôles, le Maroc confirme sa volonté de protéger son système financier et de lutter contre les transferts illicites de fonds vers l’étranger.
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