Le 1er juin 2026 marque un tournant majeur pour toutes les transactions immobilières au Maroc, en particulier pour les Marocains du monde. Une réforme structurelle entre en vigueur : toute procuration liée à un bien immobilier devra désormais être enregistrée dans un registre national officiel avant toute opération.
Portée par le ministère de la Justice dirigé par Abdellatif Ouahbi, cette mesure s’inscrit dans l’application de la loi n°31.18 relative aux obligations et contrats. L’objectif est clair : sécuriser les transactions, réduire les fraudes foncières et instaurer une traçabilité totale des mandats utilisés dans les opérations immobilières.
Concrètement, cela change tout. Jusqu’ici, les procurations pouvaient être utilisées avec une relative souplesse, ce qui ouvrait la porte à des abus, notamment dans les transactions réalisées à distance. À partir de juin 2026, toute procuration devra obligatoirement être enregistrée auprès du tribunal de première instance compétent avant d’être utilisée. Sans cet enregistrement préalable, aucune transaction ne pourra être validée.
Pour les MRE, cette réforme est stratégique. Elle touche directement une pratique courante : acheter, vendre ou gérer un bien au Maroc via un représentant local. Désormais, ce processus devient plus encadré, mais aussi plus sécurisé. Chaque procuration sera tracée, enregistrée et vérifiable, réduisant considérablement les risques d’usurpation ou de falsification.
Le dispositif repose sur la mise en place d’un registre national accessible via les tribunaux, qui ont déjà adapté leurs systèmes pour intégrer cette nouvelle exigence. Cette digitalisation progressive vise à créer un historique clair de chaque mandat utilisé dans une transaction immobilière.
Mais il faut être lucide : ce type de réforme crée à la fois de la sécurité et de la friction. À court terme, les délais peuvent s’allonger, les démarches devenir plus complexes et les acteurs peu préparés risquent de se retrouver bloqués. Ceux qui continueront à fonctionner avec les anciennes pratiques prendront un risque direct : voir leur transaction rejetée.
En revanche, à moyen et long terme, l’impact est positif. Un marché immobilier sécurisé attire plus d’investisseurs, notamment internationaux. Pour la diaspora, c’est un signal fort : le Maroc renforce son cadre juridique et réduit les zones grises qui freinaient certains investissements.
Cette réforme envoie aussi un message clair : l’immobilier marocain entre dans une logique de transparence et de standardisation, alignée avec les exigences internationales. La confiance devient un levier central du marché.
Mais comme toujours, l’avantage ira à ceux qui anticipent. Les MRE qui maîtrisent ces nouvelles règles pourront continuer à investir sereinement. Les autres subiront les blocages.
À partir du 1er juin 2026, la procuration n’est plus un simple document. C’est un acte encadré, tracé et contrôlé. Et dans un marché où les montants engagés sont élevés, cette évolution pourrait bien faire la différence entre un investissement sécurisé et une erreur coûteuse.
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