Face aux députés de la Commission des secteurs productifs, la ministre du Tourisme Fatim-Zahra Ammor a mis fin à un débat persistant : oui, les Marocains Résidant à l’Étranger (MRE) doivent figurer dans les statistiques touristiques. Ce choix n’a rien d’une spécificité nationale. Il répond aux normes méthodologiques de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), adoptées par les plus grandes destinations mondiales.
Pour la ministre, cette inclusion est logique : depuis près de 24 ans, les MRE représentent entre 46 % et 54 % des arrivées. Ignorer ce flux majeur reviendrait à nier l’importance de la diaspora dans l’économie touristique du Royaume. D’autres pays, comme la France ou le Portugal, font de même et comptabilisent leurs ressortissants résidant à l’étranger parmi les visiteurs officiels.
La diaspora, moteur stratégique de l’ambition des 20 millions de visiteurs
Au-delà du débat technique, l’enjeu est clair : atteindre les 20 millions de touristes dans les prochaines années. Pour Ammor, cet objectif est non seulement réaliste, mais presque “modeste” en comparaison de pays comme l’Espagne, qui franchissait déjà cette barre dès 1970 grâce à une politique d’investissement massive et durable.
Le Maroc, lui, s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique ascendante. Avec 15 millions de visiteurs à fin septembre 2025 et plus de 100 milliards de dirhams de recettes en devisesgénérées à fin août, le secteur confirme son rôle de pilier économique.
Les MRE y contribuent pleinement : leurs séjours, souvent plus longs et plus dépensiers que ceux des touristes internationaux classiques, représentent un levier essentiel pour la croissance du secteur.
Un secteur porteur d’emplois et de retombées locales
Pour le ministère, le tourisme n’est pas qu’une affaire de chiffres. C’est un secteur qui porte l’emploi, irrigue les territoires et soutient des milliers de familles à travers le Royaume.
L’attractivité touristique entraîne une dynamique économique qui profite directement à l’hôtellerie, la restauration, l’artisanat, le commerce, le transport et les activités culturelles. En réaffirmant la place des MRE dans les statistiques, Ammor souligne également leur rôle dans l’essor des régions : leurs dépenses, leurs déplacements et leur attachement au pays stimulent l’économie locale et renforcent les chaînes de valeur touristiques.
La diaspora, non pas un chiffre ajouté, mais une force reconnue
En légitimant l’inclusion des MRE dans les données touristiques, Fatim-Zahra Ammor ne se contente pas de clarifier une méthode : elle réaffirme la place stratégique de la diaspora dans l’économie nationale. Cette décision inscrit le Maroc dans les standards internationaux, tout en reconnaissant l’apport majeur des MRE à la réussite du secteur.
Les 20 millions de visiteurs ne seront pas atteints sans eux. La diaspora n’est pas une variable d’ajustement : elle est un pilier, une force vive, un partenaire naturel du Maroc dans sa quête de rayonnement touristique et de développement durable.
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