lundi 11 mai 2026

Le Maroc face à une pénurie d’eau extrême d’ici 2050

Un récent rapport international, « Zones de sécheresse dans le monde 2023–2025 », tire la sonnette d’alarme : le Maroc pourrait faire face à une pénurie d’eau extrême d’ici 2050 si les tendances actuelles de sécheresse persistent. Cette projection, émise par le Centre National de Mitigation de la Sécheresse des États-Unis et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, met en lumière une crise hydrique sans précédent pour le Royaume.

Les chiffres sont préoccupants. Le Maroc ne dispose actuellement que d’environ 645 mètres cubes d’eau par habitant et par an, un chiffre qui pourrait chuter à seulement 500 mètres cubes d’ici le milieu du siècle. Bien que les sécheresses soient inhérentes au climat marocain, leur fréquence et intensité ont considérablement augmenté depuis le début du 20e siècle, la période 2018-2024 marquant la plus longue sécheresse pluriannuelle. Les modèles climatiques prévoient une baisse de 65 % des précipitations dans les bassins de l’Atlas d’ici 2100.

L’année 2024 a débuté de manière critique, avec un taux de remplissage moyen des barrages à seulement 25 %. Le barrage Al Massira, le deuxième plus grand du pays, est à un niveau alarmant de 1 à 2 %. En janvier 2024, le Maroc a enregistré des températures records de 37°C et un déficit de précipitations de 57 %. Ces conditions ont déjà conduit à des restrictions d’eau strictes dans plusieurs villes, allant de l’interdiction de laver les voitures à la fermeture partielle des bains publics.

Face à cette urgence, le Maroc se tourne vers des solutions coûteuses comme le dessalement de l’eau de mer. Le pays prévoit la construction de 11 nouvelles usines de dessalement entre 2024 et 2025, en complément de 23 usines mobiles déjà en service. Des investissements dans l’ensemencement des nuages (15 millions d’euros entre 2021 et 2023) auraient également contribué à augmenter les précipitations et la production agricole.

Cependant, l’impact sur le secteur agricole, pilier de l’économie marocaine et employant 35 % de la main-d’œuvre, est déjà lourd. La production agricole a chuté de 20 % en avril 2024, et les rendements de blé et d’orge sont en forte baisse.

Le rapport exhorte le Maroc à évaluer les risques et à adopter des mesures d’adaptation urgentes, incluant la réduction de la consommation, la diversification des sources d’eau, et une meilleure gouvernance. La manière dont le Royaume gérera cette crise déterminera son avenir en matière de sécurité alimentaire, d’économie et de bien-être de sa population.

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