mercredi 13 mai 2026

Le Maroc, nouvel eldorado industriel des constructeurs automobiles

Longtemps considéré comme un pays de transit ou de consommation, le Maroc s’impose aujourd’hui comme un véritable hub industriel pour l’industrie automobile mondiale. En l’espace de quelques années, le Royaume est devenu un terrain de jeu stratégique pour les plus grands constructeurs, à l’image de Renault, Stellantis ou encore le géant chinois Sentury Tyres. Plusieurs facteurs expliquent ce basculement industriel vers le sud de la Méditerranée : un écosystème structuré, une main-d’œuvre qualifiée, des coûts compétitifs et une situation géographique avantageuse.

Le pionnier de cette transformation est sans conteste Renault. Depuis 2012, le constructeur français exploite une immense usine à Tanger, l’une des plus performantes au monde pour le groupe. Sur plus de 300 hectares, quelque 7 000 employés produisent principalement des modèles Dacia, dont la Sandero, devenue la voiture la plus vendue en Europe. En 2023, plus de 312 000 véhicules sont sortis des chaînes d’assemblage, consolidant la place du site tangérois comme la plus grande usine Renault à l’échelle mondiale, dédiée exclusivement à la marque à bas coût du groupe.

Mais Renault n’est pas seul à miser sur le Maroc. Stellantis, né de la fusion de PSA et Fiat Chrysler, a choisi Kénitra pour implanter une unité de production ultramoderne. Inaugurée en 2019, l’usine a assemblé pas moins de 175 000 véhicules l’an dernier, principalement des Peugeot 208 à destination du marché européen et des Citroën Ami, les mini-voitures électriques urbaines de plus en plus prisées. Ambitieux, le groupe entend tripler ses capacités pour atteindre 400 000 unités par an d’ici 2027, avec un investissement de 300 millions d’euros déjà engagé.

L’attrait pour le Maroc dépasse les seuls constructeurs. Les équipementiers et fournisseurs mondiaux s’y installent également. C’est le cas de Sentury Tyres, entreprise chinoise spécialisée dans la fabrication de pneus, qui a récemment lancé une unité de production sur le sol marocain, confortant ainsi l’intégration verticale du secteur.

Ce dynamisme n’est pas le fruit du hasard. Le Maroc a su créer un environnement propice à l’investissement, grâce à des zones franches performantes comme Tanger Med, des infrastructures logistiques de classe mondiale, et des accords de libre-échange avec les plus grands marchés internationaux. Le pays s’est également doté d’un écosystème automobile structuré, avec des formations adaptées, une chaîne d’approvisionnement réactive, et une politique industrielle volontariste.

Aujourd’hui, l’industrie automobile est devenue le premier secteur exportateur du pays, devant le textile et les phosphates. En capitalisant sur cette dynamique, le Maroc entend bien renforcer son rôle stratégique dans la transition mondiale vers la mobilité durable, notamment avec l’électrification des véhicules.

En somme, le Maroc n’est plus seulement un atelier d’assemblage, il s’impose comme un maillon central dans les chaînes de valeur mondiales de l’automobile.

Ne manquez rien de l'actualité de la diaspora !

S'inscrire à notre prochaine newsletter pour recevoir nos guides pratiques, nos conseils (démarches, investissement) et l'essentiel de l'actu MRE directement dans votre boîte mail.

AUTRES ARTICLES

- PUBLICITÉ -