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mardi 16 juin 2026

Accord de libre-échange Maroc-Chine : quels enjeux pour le Royaume ?

Maroc Chine accord libre : La perspective d’un accord de libre-échange entre le Maroc et la. Chine revient sur la table alors que Rabat bénéficie déjà d’un accès temporaire privilégié au marché chinois.

Depuis le 1er mai 2026, la Chine applique en effet une exonération des droits de douane sur les produits marocains, une fenêtre ouverte jusqu’au 30 avril 2028. En échange, Pékin pousse désormais le Royaume à ouvrir davantage son propre marché.

Maroc Chine accord libre-échange : une relation commerciale très déséquilibrée

Le débat autour d’un Maroc Chine accord libre-échange intervient dans un contexte de forte asymétrie commerciale.

En 2025, le Maroc a importé pour 114,1 milliards de dirhams de produits chinois. Contre seulement 3,8 milliards d’exportations vers la Chine. Autrement dit, près de 30 dirhams importés pour 1 dirham exporté.

Pour Rabat, un éventuel accord doit donc être examiné avec prudence. Les gains tarifaires potentiels pour les exportateurs marocains sont limités dans l’immédiat. Puisque la Chine a déjà supprimé ses droits de douane, de manière unilatérale et temporaire.

En revanche, l’ouverture plus large et durable du marché marocain aux produits chinois serait. Elle, irréversible ou très difficile à corriger.

Des risques pour l’industrie locale et l’investissement

L’enjeu ne se résume pas au simple creusement du déficit commercial. Une baisse forte des droits de douane sur les produits chinois pourrait fragiliser plusieurs secteurs industriels marocains.

Les entreprises locales seraient confrontées à une concurrence accrue de produits à bas coût. Le risque est réel de voir :.

  • une pression à la baisse sur les marges des industriels marocains ;.
  • un recul de l’investissement productif, face à une concurrence jugée imbattable ;.
  • des difficultés pour les filières encore en phase de montée en gamme.

Si certains importateurs ou transformateurs bénéficieraient d’intrants moins chers, l’effet global sur le tissu productif reste incertain. Une ouverture mal calibrée pourrait se traduire par plus de dépendance aux produits finis chinois que. Par une montée en puissance des exportations marocaines.

Identifier les secteurs à protéger et les intrants à favoriser

Avant de s’engager dans un Maroc Chine accord libre-échange, les autorités doivent mener un travail fin de cartographie sectorielle.

Il s’agit de distinguer clairement :.

  • les intrants et équipements importés qui renforcent la compétitivité des usines marocaines ;.
  • des produits finis qui entrent en concurrence frontale avec la production locale.

L’objectif annoncé côté marocain est d’éviter que le marché national ne devienne un simple débouché pour. Les surcapacités industrielles chinoises. Pour certains produits soumis à des contingents tarifaires, l’exonération actuelle n’est d’ailleurs valable que dans la. Limite de ces volumes. Oblige les exportateurs marocains à bien surveiller les plafonds.

Une fenêtre d’opportunité… et un compte à rebours

L’exemption de droits accordée par Pékin au Maroc. Comme à une vingtaine d’autres pays africains non classés parmi les moins avancés, est par nature temporaire. Elle court jusqu’au 30 avril 2028.

D’ici là, le Royaume doit tirer le meilleur parti de cette ouverture pour :.

  • tester son potentiel d’exportation vers la Chine ;.
  • identifier les filières réellement compétitives sur ce marché ;.
  • mesurer l’impact de l’accès en franchise sur les volumes et les prix.

Les enseignements de cette période seront décisifs pour toute décision future sur un accord plus large. Ils permettront de savoir quels secteurs peuvent gagner à une intégration plus poussée avec la Chine. Lesquels doivent rester protégés, au moins partiellement.

Entre promesse de prix plus bas pour les consommateurs et impératif de préserver une base industrielle nationale solide. Le Maroc aborde ainsi un exercice d’équilibriste. Le débat sur un éventuel accord de libre-échange avec la Chine ne fait que commencer. Ses arbitrages pèseront durablement sur la trajectoire économique du pays.

Pour aller plus loin, consultez notre guide Canal212 sur le dédouanement de véhicule.

Pour suivre les mises à jour officielles, consultez les informations officielles de la Douane marocaine.

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