Les inscriptions à l’Assurance maladie obligatoire ont progressé au Maroc en 2025. Selon la note accompagnant le projet de loi de finances 2026, présentée sur Maroc.ma le 21 octobre 2025, plus de 32 millions de personnes étaient enregistrées dans le système de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Ce chiffre représente environ 88 % de la population, contre 42 % avant la généralisation de la couverture médicale.
Cette progression traduit l’élargissement du dispositif à différentes catégories de la population. Toutefois, le nombre de personnes inscrites ne correspond pas nécessairement à celui des bénéficiaires qui accèdent effectivement aux prestations.
Couverture médicale au Maroc : l’AMO élargit son périmètre
La généralisation de l’AMO repose sur plusieurs régimes. Chacun répond à la situation professionnelle ou économique des assurés.
Le régime AMO-Tadamon concerne les personnes qui ne peuvent pas payer leurs cotisations. L’État prend alors ces cotisations en charge auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
En 2025, ce régime comptait près de 11 millions de bénéficiaires. Entre décembre 2022 et septembre 2025, l’État a versé à la CNSS environ 25,51 milliards de dirhams au titre des cotisations dues.
Par ailleurs, l’AMO destinée aux travailleurs non salariés couvre les commerçants, les artisans, les professions libérales et d’autres indépendants. Ce régime comptait environ 4 millions de bénéficiaires.
Le dispositif AMO-Achamil complète cet ensemble pour les personnes sans activité rémunérée qui peuvent s’acquitter des cotisations. Il comptait environ 313 000 personnes immatriculées en 2025.
Un écart entre inscription et couverture effective
Malgré la progression des inscriptions, le nombre de personnes effectivement couvertes reste un enjeu important.
Selon la présentation du rapport annuel 2024-2025 de la Cour des comptes, rapportée par Maroc.ma le 29 janvier 2026, la Cour a relevé qu’à la fin de 2024, près de 31,94 millions de personnes étaient immatriculées à l’AMO. Toutefois, le nombre de bénéficiaires effectifs ne dépassait pas 25,6 millions, soit environ 70 % de la population selon son calcul.
Ces données de fin 2024, présentées devant le Parlement en janvier 2026, portent sur une autre période que le bilan des inscriptions de 2025. Elles ne permettent donc pas de calculer le nombre de bénéficiaires effectifs en 2025. Cette distinction est essentielle. L’inscription à un régime ne garantit pas, à elle seule, un accès effectif aux soins ou le remboursement des dépenses médicales.
La couverture réelle dépend aussi de la situation administrative des assurés, de leurs droits ouverts et des conditions de prise en charge.
Ce que ces chiffres disent de l’accès aux soins
Le bilan des inscriptions mesure l’extension administrative de l’assurance maladie. Celui des bénéficiaires effectifs renseigne sur les droits réellement ouverts. Confondre les deux conduirait à présenter les 32 millions d’inscrits comme autant de personnes déjà prises en charge.
Pour apprécier les résultats de la généralisation, il faut donc suivre ces deux indicateurs sur une même période. Le total des affiliations, à lui seul, ne permet pas de mesurer les délais de soins, les remboursements obtenus ni les dépenses restant à la charge des patients.












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