mardi 22 septembre 2026

Fraude CNSS Casablanca : un réseau de sociétés fictives démantelé

Un réseau spécialisé dans l’escroquerie aux crédits bancaires et le détournement de prestations de la CNSS a été démantelé à Casablanca. L’enquête menée par la Gendarmerie Royale a permis de mettre au jour un système reposant sur des sociétés fictives et de faux salariés. L’affaire est rapportée par Assabah, cité par Le360.

L’enquête aurait débuté après la plainte d’une femme qui souhaitait bénéficier de la couverture médicale. Elle a découvert qu’elle figurait déjà comme salariée active d’une entreprise et qu’elle était déclarée comme bénéficiaire de prestations sociales.

Fraude CNSS Casablanca : des citoyens déclarés comme faux salariés

Selon les éléments rapportés par Assabah, le réseau aurait commencé à créer des sociétés fictives dès 2019.

Les mis en cause auraient approché des chômeurs, des femmes et des personnes en situation de précarité. Ils leur auraient proposé de les inscrire officiellement auprès de la CNSS.

Les victimes signaient alors différents documents sans connaître leur utilisation réelle.

Leur nom apparaissait ensuite dans les registres des entreprises comme celui de salariés. Selon l’enquête rapportée par la presse, le réseau utilisait ces déclarations pour obtenir des prestations sociales, notamment des allocations familiales.

Les personnes concernées auraient, elles, ignoré l’existence de ces déclarations.

Des crédits bancaires obtenus grâce à de fausses données

Le réseau ne se serait pas limité aux prestations sociales.

Après avoir donné une apparence légale aux sociétés, les suspects auraient constitué des dossiers destinés à obtenir des crédits bancaires importants.

Les demandes auraient reposé sur de faux documents comptables et des informations financières falsifiées. Les montants évoqués atteindraient plusieurs centaines de millions de centimes.

Selon les informations rapportées par Assabah, les fonds auraient notamment servi à acheter des véhicules de luxe.

Les véhicules auraient ensuite été revendus afin de récupérer rapidement des liquidités.

Des sociétés fermées puis remplacées

L’enquête fait également apparaître une stratégie destinée à compliquer les contrôles.

Lorsque les premières difficultés apparaissaient, les sociétés concernées auraient cessé leur activité ou auraient été transférées à des tiers.

Les mis en cause auraient ensuite créé de nouvelles structures pour poursuivre leurs opérations.

Ce fonctionnement aurait permis au réseau de multiplier les sociétés utilisées dans ses opérations frauduleuses.

Une plainte révèle le système

L’affaire a commencé avec une situation administrative inhabituelle.

Une femme souhaitait accéder à une couverture médicale de base. Les services concernés lui auraient indiqué qu’elle était déjà déclarée comme salariée active et qu’elle bénéficiait de prestations sociales.

La victime a alors déposé plainte.

Les enquêteurs de la Gendarmerie Royale de Casablanca ont exploité les informations disponibles pour identifier la société concernée. Ils ont ensuite retrouvé son gérant et poursuivi les investigations.

Selon Assabah, les interrogatoires ont également permis d’obtenir des aveux d’un complice présumé. Celui-ci aurait reconnu la création organisée de sociétés de façade.

Le principal suspect faisait l’objet de 27 mandats de recherche

Les vérifications effectuées au cours de l’enquête ont également fait apparaître un autre élément.

Le principal suspect présumé faisait déjà l’objet de 27 mandats de recherche à l’échelle nationale pour des affaires liées à l’émission de chèques sans provision.

Cette information donne une nouvelle dimension au dossier, alors que les investigations se poursuivent pour déterminer l’ampleur exacte du réseau et des préjudices.

Une affaire qui touche deux secteurs

Cette affaire met en évidence un système présumé qui aurait exploité à la fois les mécanismes de protection sociale et les procédures de financement bancaire.

D’un côté, les déclarations fictives auraient permis de réclamer des prestations de la CNSS. De l’autre, les sociétés auraient servi à présenter des dossiers de crédit frauduleux aux établissements bancaires.

Les investigations devront désormais préciser le nombre de sociétés concernées, le nombre de personnes utilisées comme faux salariés et le montant total des sommes en cause.

 

Sources externes : 

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