|
lundi 25 mai 2026

Guerre des barquettes : la France riposte face à l’invasion des tomates marocaines

Face à la domination croissante des tomates cerises marocaines dans les rayons des supermarchés français, les producteurs hexagonaux lancent une contre-offensive symbolique et stratégique. Leur arme : une barquette de 250 grammes, identique en poids à celle proposée par les producteurs marocains, notamment le géant Azura, très présent sur le marché européen.

Cette initiative, portée par l’Association d’Organisation de Producteurs nationale (AOPn) Tomates et Concombres de France, rassemble quelque 500 producteurs français décidés à reconquérir les étals de la grande distribution. « L’idée est d’uniformiser notre offre et de faire jeu égal avec les barquettes importées du Maroc, qui ont l’avantage de la visibilité et du prix », explique Ronan Collet, porte-parole de l’AOPn, cité par Le Dauphiné Libéré.

Si cette « barquette souveraine » ne représente qu’un premier pas, elle incarne un effort collectif pour redonner une place aux tomates françaises face à une concurrence jugée déloyale par certains. Les producteurs dénoncent notamment le déséquilibre des coûts de production : les tomates marocaines, issues d’un climat favorable et de coûts salariaux plus faibles, arrivent sur les marchés français à des prix imbattables, souvent en dehors des pics de production locale.

« Nous ne cherchons pas à diaboliser les importations, mais à créer les conditions d’une vraie équité commerciale », martèle un producteur du Sud de la France. L’objectif est aussi de sensibiliser les consommateurs à l’origine des produits et à l’impact de leurs choix d’achat sur l’agriculture locale.

Pour l’heure, la nouvelle barquette est encore en phase de démarchage auprès des grandes enseignes. « Il est trop tôt pour faire un bilan, mais nous espérons une adoption large dans les mois à venir », indique Collet.

Ce bras de fer entre productions locales et importations étrangères pourrait bien relancer le débat plus large sur la souveraineté alimentaire, la traçabilité, et le soutien aux circuits courts. Reste à savoir si cette initiative suffira à faire pencher la balance en faveur de la tomate tricolore.

Ne manquez rien de l'actualité de la diaspora !

S'inscrire à notre prochaine newsletter pour recevoir nos guides pratiques, nos conseils (démarches, investissement) et l'essentiel de l'actu MRE directement dans votre boîte mail.

AUTRES ARTICLES

- PUBLICITÉ -