avoirs déshérence : Quand Ssi Driss s’est effondré dans son magasin de tissus de Derb Omar. Terrassé par une crise cardiaque, il a emporté avec lui bien plus qu’une vie de commerçant. Derrière ce mécanisme légal, c’est la question de la protection de l’épargne et de la confiance. Dans le système financier qui se pose. Y compris pour les Marocains établis à l’étranger.
avoirs déshérence : ce qu’il faut retenir
On parle d’avoirs en déshérence lorsqu’un compte bancaire. Un livret, une assurance ou un placement reste inactif pendant plusieurs années. Le titulaire est décédé, introuvable ou n’a laissé aucune instruction claire. Les héritiers, eux, ignorent souvent l’existence de ces fonds.
La loi marocaine encadre le transfert de ces montants vers le Trésor public après un certain délai. Mais elle impose peu d’obligations concrètes aux établissements financiers pour retrouver les bénéficiaires. Résultat : pour chaque dirham restitué à une famille, une part importante finit définitivement dans les caisses de l’État.
Les avoirs en déshérence concernent aussi bien des petits comptes courants que des dépôts plus importants. Liés à des activités commerciales ou à des placements de long terme.
Avoirs en déshérence : un risque pour les familles et les investisseurs
Pour les familles, le premier impact est humain et financier. Lorsqu’un parent décède sans laisser de testament précis. Les comptes éparpillés entre plusieurs banques peuvent disparaître discrètement dans les procédures de déshérence.
De nombreux commerçants et entrepreneurs marocains gèrent encore leur patrimoine de manière informelle. Ils centralisent l’information « dans leur tête » ou dans des carnets connus d’eux seuls. À leur décès, cette mémoire financière se perd, et avec elle des années d’épargne.
Pour les MRE, le risque est accru. Beaucoup ouvrent des comptes au Maroc pour :.
- préparer un retour ou une retraite au pays,.
- financer un bien immobilier,.
- soutenir la famille restée au Maroc,.
- placer une partie de leur épargne en dirhams.
Lorsque ces comptes ne sont plus utilisés régulièrement, ou que le titulaire décède à l’étranger. Ils peuvent basculer dans la catégorie des avoirs en déshérence. Si les proches ne disposent d’aucune trace écrite, ces montants risquent de ne jamais être réclamés.
Un enjeu de confiance dans la place financière marocaine
Le volume réel des avoirs en déshérence au Maroc reste mal connu. Les autorités monétaires publient peu de données détaillées sur le sujet. Cette opacité alimente les interrogations sur l’équilibre entre protection de l’épargne privée et intérêt budgétaire de l’État.
Pour la place financière marocaine, l’enjeu est stratégique. La confiance des déposants, y compris les MRE, conditionne une partie des transferts d’épargne vers le pays. Or, l’idée que des comptes puissent disparaître silencieusement au profit du Trésor sans recherche active des. Ayants droit fragilise cette confiance.
Plusieurs pistes reviennent régulièrement dans le débat : meilleure information du public. Obligation renforcée de recherche des héritiers, registres centralisés des comptes inactifs, ou encore mécanismes de consultation sécurisée pour les familles.
Comment les familles et MRE peuvent se protéger ?
En attendant d’éventuelles réformes, une partie de la prévention repose sur les comportements individuels. Pour limiter le risque d’avoirs en déshérence, plusieurs réflexes s’imposent :.
- tenir une liste à jour de tous les comptes, placements et contrats,.
- informer au moins une personne de confiance, au Maroc et/ou à l’étranger,.
- mettre à jour régulièrement les coordonnées auprès des banques,.
- documenter clairement la situation patrimoniale dans un écrit ou un testament conforme au droit marocain.
Pour les MRE, il est également important de vérifier que les proches au Maroc connaissent l’existence. Des comptes ouverts depuis l’étranger. Une simple omission peut, avec le temps, transformer cette épargne en avoirs en déshérence, au bénéfice du Trésor.
Au final, le sujet dépasse la seule technique bancaire. Il touche au lien de confiance entre les citoyens, l’État et les institutions financières. À la manière dont le Maroc protège la richesse patiemment constituée de ses familles, où qu’elles vivent.
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