Airbnb vient de modifier discrètement sa carte géographique, mais le geste n’est pas passé inaperçu. Les villes du Sahara occidental comme Laâyoune, Dakhla ou Boujdourn’apparaissent plus comme faisant partie du Maroc sur la plateforme. Elles sont désormais listées sans mention de pays, un changement lourd de sens dans un contexte géopolitique particulièrement sensible.
Cette mise à jour intervient après une requête officielle de l’ONG Western Sahara Resource Watch (WSRW), envoyée à Airbnb le 13 juin 2025. L’organisation dénonçait des « erreurs géographiques graves », estimant que la plateforme ne respectait ni les cartes officielles de l’ONU ni les décisions des juridictions internationales. Selon WSRW, qualifier ces territoires de marocains allait à l’encontre du droit international.
Erik Hagen, porte-parole de l’ONG, a salué ce qu’il considère comme une avancée significative : « C’est un premier pas dans la bonne direction. Cela montre qu’une grande entreprise comme Airbnb peut écouter et s’aligner sur les normes internationales. » Il a également appelé d’autres plateformes comme Hotels.com et Expedia à faire de même.
Cependant, si cette correction cartographique marque un tournant, elle ne règle pas le débat de fond. Airbnb continue d’héberger des annonces touristiques dans le Sahara occidental, un territoire au statut toujours disputé. Pour de nombreux défenseurs des droits du peuple sahraoui, le cœur du problème reste l’exploitation économique d’un territoire considéré comme occupé. Le geste d’Airbnb, bien que symbolique, soulève donc autant de questions qu’il n’en résout.
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