Au cœur de Rabat, capitale dynamique et historique du Maroc, se joue un défi d’ingénierie d’une envergure rare, conjuguant innovation technologique et préservation du patrimoine naturel. Le groupe chinois CSE⁺, chargé de la construction du nouveau tronçon de la ligne à grande vitesse (TGV), s’attaque à une mission complexe : faire passer un tunnel sous le jardin botanique, un site emblématique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et véritable poumon vert de la ville.
Ce projet ne se limite pas à une prouesse technique. Il est avant tout une démonstration de l’équilibre délicat à trouver entre développement des infrastructures modernes et respect de l’environnement fragile. La semaine dernière, une réunion technique cruciale s’est tenue à Rabat sous la direction de Zhang Yong, directeur général du groupe CSE⁺, en présence de ses principaux collaborateurs. L’objectif : analyser les contraintes géotechniques, écologiques et urbaines afin d’affiner le tracé du tunnel.
Le défi est multiple, le tunnel doit passer en souterrain, sous un jardin aux sols fragiles, tout en longeant une voie ferrée active et en traversant un quartier résidentiel dense. Il faut garantir la sécurité des immeubles voisins, assurer la continuité du trafic ferroviaire existant et surtout préserver l’intégrité écologique du jardin botanique, un espace de biodiversité exceptionnel.
Les ingénieurs ont ainsi identifié trois risques majeurs : éviter toute perturbation des circulations ferroviaires, empêcher tout affaissement ou dommage aux constructions alentour et protéger l’écosystème végétal sensible. Afin de maîtriser ces risques, ils préconisent une approche progressive, combinant méthodes constructives adaptées aux particularités du terrain, instrumentation sophistiquée pour un contrôle en temps réel des mouvements et techniques de forage à faible vibration limitant les impacts environnementaux.
Lors de cette séance, les responsables ont insisté sur l’importance de la sécurité des riverains, la sauvegarde des équilibres écologiques, ainsi que sur la nécessité d’une gestion économique rigoureuse du projet. L’arbitrage entre les différents scénarios techniques est crucial, demandant une réactivité optimale et une transparence totale dans la mise en œuvre des mesures de surveillance.
Cette opération s’inscrit dans une échéance symbolique : la livraison du tunnel est prévue avant le coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, événement international majeur qui placera le Maroc sur le devant de la scène mondiale.
Au-delà de l’événement sportif, cette infrastructure s’imposera comme un maillon essentiel du réseau ferroviaire marocain, un vecteur de développement économique et un modèle d’ingénierie durable. Le projet illustre ainsi comment le Maroc, en partenariat avec des experts internationaux, conjugue progrès technique et responsabilité environnementale. Il démontre que la modernisation des infrastructures peut se faire en harmonie avec la préservation du patrimoine naturel, offrant une vision d’avenir où technologie et écologie cohabitent avec respect et innovation.
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