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lundi 25 mai 2026

L’Espagne perd des touristes, le Maroc en profite : l’impact des protestations anti-tourisme

Les protestations contre le tourisme de masse en Espagne commencent à produire des effets bien réels sur les flux de voyageurs et à redistribuer les cartes du tourisme méditerranéen. Alors que les habitants des îles Canaries multiplient les manifestations pour dénoncer les dérives du surtourisme, le Maroc enregistre une hausse significative de l’intérêt des vacanciers, notamment britanniques. Un basculement discret mais stratégique, révélateur de tensions croissantes entre les populations locales et l’industrie touristique espagnole, dont pourrait profiter durablement le royaume chérifien.

Depuis plusieurs mois, les rues et les plages des Canaries sont le théâtre d’un mouvement citoyen inédit. Locataires expulsés, prix du logement en flèche, saturation des infrastructures… Les habitants n’en peuvent plus et l’expriment à coups de pancartes “Tourists go home”. Cette contestation, largement relayée dans les médias européens, commence à inquiéter les professionnels du secteur. Et pour cause, selon Santiago Sese, président de la chambre de commerce de Tenerife, les réservations britanniques pour l’été 2024 sont déjà en baisse de 8 % par rapport à l’année précédente.

Ce désamour progressif des Canaries pousse les vacanciers à chercher d’autres horizons, où détente ne rime pas avec conflit social. Résultat : la Turquie, la Grèce, l’Égypte et surtout le Maroc enregistrent une hausse notable de la demande. Le royaume, fort d’une offre hôtelière en plein essor, d’une météo favorable et d’un accueil réputé chaleureux, s’impose comme une alternative sérieuse pour les touristes européens en quête de soleil, de culture et de tranquillité.

L’effet domino semble enclenché. Plusieurs commentaires de lecteurs du Mirror, recueillis en avril, témoignent d’une prise de distance nette vis-à-vis des destinations espagnoles jugées “hostiles”. « Je suis content de ne pas y aller. Même si je comprends leurs frustrations, ça finira par se retourner contre eux. Il y a plein d’autres endroits à visiter », écrivait un internaute. Un autre ajoutait : « Je suis perplexe. Si les gens arrêtent d’aller aux Canaries, c’est toute l’économie qui s’effondre. Je ne comprends pas comment ces lieux peuvent survivre sans visiteurs. »

Face à ce transfert de clientèle, les autorités des Canaries ont annoncé vouloir engager un dialogue avec les mouvements protestataires pour désamorcer la crise. Mais la défiance semble installée.

Le Maroc, de son côté, bénéficie d’un regain de notoriété et d’une opportunité unique pour renforcer durablement sa position sur le marché touristique méditerranéen.

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