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lundi 25 mai 2026

Médecins marocains au Canada : sans l’anglais, le rêve est suspendu

Au Canada, le rêve d’exercer la médecine reste inaccessible sans une maîtrise solide de l’anglais. C’est le constat que partagent de nombreux médecins étrangers, notamment marocains, qui souhaitent s’installer en Ontario.

Le programme Préparation à la pratique médicale en Ontario (PRO), financé par le ministère canadien de la Santé et géré par le Touchstone Institute, ouvre pourtant une porte précieuse : celle d’une intégration dans le système de santé ontarien. Mais il y a une condition incontournable : le programme n’est accessible qu’en anglais.

Parmi les 28 médecins étrangers sélectionnés, un seul est francophone. Il s’appelle Salim Benguedda, médecin marocain arrivé au Canada en décembre 2023. Diplôme en poche, Salim a dû reprendre à zéro une partie de son parcours : deux examens à valider, un jumelage en résidence à obtenir… et surtout, un virage linguistique à 180°.

« Je me suis mis en tête que je devais être anglophone. Je ne traduis même plus les textes pour réviser les examens, c’est trop long », confie-t-il dans une interview au Devoir.

Salim fait figure d’exception. Sur plus de 500 candidatures soumises au programme depuis 2023, seulement 12 venaient de médecins ayant le français comme langue première. Un chiffre qui témoigne non seulement du déséquilibre linguistique du programme, mais aussi de l’immense défi auquel sont confrontés les médecins venus du Maghreb ou d’Afrique francophone.

Le paradoxe est grand : le Canada, officiellement bilingue, peine encore à offrir une réelle équité d’accès aux francophones dans certains programmes de reconversion ou d’intégration professionnelle. Et dans le cas du secteur médical, la situation est d’autant plus frustrante que les besoins sont criants, surtout dans les régions rurales.

Pour les médecins marocains, souvent formés dans des facultés de haut niveau, le rêve canadien reste possible, mais l’apprentissage accéléré de l’anglais devient une urgence. Cette réalité pousse de nombreux professionnels à repenser entièrement leur manière d’apprendre, de lire, d’interagir. Et parfois, à remettre en question leur projet d’installation.

Derrière les chiffres, il y a donc des histoires d’exil, de persévérance, de sacrifices. Des femmes et des hommes qui ont tout quitté dans l’espoir de servir, soigner, contribuer. Mais à condition de parler la langue du système.

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