Alors que la ministre française de la Culture, Rachida Dati, est visée par une procédure judiciaire pour corruption passive et trafic d’influence, deux anciens ministres marocains montent au créneau pour lui venir en aide. Dans des témoignages écrits, remis à la justice française, ils attestent de son rôle central dans la réussite du projet Renault à Tanger, un chantier industriel majeur pour le Maroc.
Il s’agit de Mohamed Hassad, ex-wali de la région Tanger-Tétouan devenu ministre de l’Intérieur, et de Ahmed Reda Chami, alors ministre de l’Industrie, aujourd’hui président du CESE. Tous deux affirment que Rachida Dati a joué un rôle stratégique et déterminant dans la mise en œuvre de ce projet emblématique, à une période charnière où de nombreux investissements étrangers étaient remis en question en raison de la crise financière de 2008 et des incertitudes liées au Printemps arabe.
Selon leurs déclarations, Rachida Dati serait intervenue personnellement et à un moment critique, alors que l’installation de l’usine Renault dans la région de Tanger était menacée de report, voire d’abandon. Elle aurait œuvré en coulisses pour rassurer les partenaires institutionnels et industriels français, faciliter les discussions entre les gouvernements, et encourager le déblocage du financement public, un levier crucial pour la viabilité du projet.
Ces témoignages viennent appuyer la défense de Rachida Dati, accusée d’avoir perçu plus d’un million d’euros de la part de Renault-Nissan pour du conseil à l’époque où elle était eurodéputée, une rémunération que la justice soupçonne d’être liée à un trafic d’influence. Sa défense soutient, au contraire, qu’elle a joué un rôle concret et stratégique dans l’accompagnement du projet Renault Tanger Med, dont le coût final s’est élevé à près d’un milliard d’euros.
Inaugurée en 2012, l’usine Renault Tanger Med est l’un des plus grands succès industriels du Maroc. Elle a contribué à faire du Royaume un acteur incontournable de l’industrie automobile en Afrique et à générer des milliers d’emplois directs et indirects. Ce projet s’inscrivait dans la vision stratégique du Maroc visant à diversifier son économie et à attirer les investissements étrangers dans des secteurs à forte valeur ajoutée.
Si le rôle de Rachida Dati dans cette réussite est confirmé, cela viendrait rééquilibrer l’image d’une femme politique aujourd’hui au cœur d’une tempête judiciaire. Les témoignages des deux responsables marocains, proches du dossier à l’époque, pourraient peser lourd dans le dossier de l’instruction.
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