|
lundi 25 mai 2026

Tanger et les toilettes à 15 millions : quand le passé rattrape les ambitions urbaines

La ville de Tanger s’apprête à relancer un projet qui pourrait bien faire date ou scandale. Quinze millions de dirhams pour installer des toilettes publiques dites « intelligentes », alors que l’échec cuisant d’un précédent projet similaire, chiffré à un million et terminé à la casse, reste encore dans toutes les mémoires. La société de développement local a officialisé l’appel d’offres, dont l’ouverture des plis est prévue le 17 juillet prochain, mais l’annonce a provoqué un tollé immédiat.

À peine l’information relayée par Al Akhbar, la polémique a enflé. D’un côté, une ville en pleine croissance urbaine, qui a besoin d’infrastructures sanitaires dignes de ce nom. De l’autre, une population échaudée par une précédente tentative ratée, dont les installations ont fini rouillées, inutilisées, voire démontées sans jamais avoir servi. La colère gronde : comment justifier une telle dépense publique sans qu’aucune leçon ne semble avoir été tirée de l’expérience passée ?

Pour de nombreux élus, l’heure n’est plus aux promesses, mais aux comptes. Certains réclament l’ouverture d’un audit administratif et financier pour faire la lumière sur les responsabilités de l’ancien fiasco et poser les bases d’une gestion plus rigoureuse. L’enjeu est double : répondre à un besoin urbain évident tout en évitant de sombrer, une nouvelle fois, dans le piège du gaspillage et des effets d’annonce.

Le cas de Tanger n’est pas isolé : d’autres villes comme Casablanca peinent elles aussi à répondre de manière pérenne à la question des toilettes publiques. Mais ici, l’accumulation des erreurs et l’explosion du budget nourrissent un malaise profond. Le citoyen tangérois, lui, demande des preuves concrètes : en quoi ces nouvelles toilettes seront-elles différentes ? Comment seront-elles protégées de la dégradation, de l’abandon, ou pire, de la disparition pure et simple ?

Alors que les débats s’intensifient à l’approche du 17 juillet, la municipalité se retrouve dos au mur. Transparence, viabilité technique, maintenance, intégration urbaine : autant de questions auxquelles il faudra répondre, sous peine de transformer une initiative censée améliorer le quotidien en énième symbole d’une gestion publique en déroute.

Ne manquez rien de l'actualité de la diaspora !

S'inscrire à notre prochaine newsletter pour recevoir nos guides pratiques, nos conseils (démarches, investissement) et l'essentiel de l'actu MRE directement dans votre boîte mail.

AUTRES ARTICLES

- PUBLICITÉ -