Alors que l’été bat son plein, le Maroc constate une baisse significative du nombre de marocains résidant à l’étranger venant passer leurs vacances au pays. Une tendance qui s’explique par la flambée des prix dans le secteur touristique : hébergement, restauration, activités de loisirs, tout est devenu trop coûteux pour de nombreuses familles. Résultat, certains annulent leur séjour, d’autres se tournent vers des destinations plus accessibles, comme la Turquie, l’Espagne ou même des pays d’Europe de l’Est.
« Cette année, j’ai préféré faire l’impasse pour deux raisons », confie un MRE vivant à Strasbourg au média Le360. « D’abord, il y a la CAN qui aura lieu au Maroc cet hiver. J’ai donc préféré décaler mes vacances à cette période pour vivre cet événement unique. Ensuite, même pour une petite semaine, ça aurait été compliqué. Les prix ont explosé : manger, faire les courses, s’offrir une activité… tout est hors de prix. Déjà l’an dernier, c’était exagéré, mais là c’est encore pire. »
Pour beaucoup, cette inflation des prix transforme ce qui était autrefois un retour aux sources naturel et chaleureux en un véritable casse-tête financier. Entre les billets d’avion souvent onéreux, les coûts élevés des services touristiques et la difficulté de trouver un hébergement de qualité à un prix raisonnable, le séjour est devenu inaccessible pour un bon nombre de MRE.
Ce phénomène ne se limite pas à quelques cas isolés. Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient, dénonçant l’avidité de certains établissements touristiques et la mauvaise gestion des prix en haute saison. Certains pointent du doigt une logique de profit immédiat qui risque à terme de nuire au tourisme intérieur et au lien affectif que les MRE entretiennent avec leur pays d’origine.
Le Maroc, qui compte sur la diaspora pour stimuler son économie estivale, se retrouve face à un défi de taille : comment préserver l’attractivité du pays sans exclure une partie de ses enfants par les coûts élevés ? Car pour de nombreux MRE, revenir au pays n’est pas un simple voyage, c’est un besoin émotionnel, une nécessité culturelle, un retour aux racines. Voir cela devenir un luxe est vécu comme une profonde injustice.
Plus qu’une question économique, c’est une question de lien social et d’attachement national. Si rien n’est fait pour réguler les prix et garantir un accueil plus équitable, le risque est grand de voir ces retours estivaux longtemps perçus comme des moments de joie, de retrouvailles et de partage devenir de plus en plus rares.
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