Les taxes sur les sardines au Brésil restent inchangées. Le gouvernement brésilien a décidé de maintenir les droits de douane à 32 % sur les importations de sardines en conserve. Cette décision ferme la porte à une demande d’exemption portant sur un contingent de 7 500 tonnes et freine les ambitions de plusieurs pays exportateurs, dont le Maroc. Pour les industriels marocains, ce choix confirme que l’accès au marché brésilien restera difficile à court terme.
Le Brésil maintient une politique protectionniste
Le gouvernement brésilien a rejeté la demande de suspension des droits de douane après l’analyse d’un rapport du ministère du Développement, de l’Industrie, du Commerce et des Services.
Selon les autorités, les conserveries locales disposent désormais d’une capacité suffisante pour répondre à la demande nationale.
Brasília estime donc qu’une ouverture supplémentaire aux importations risquerait de fragiliser les producteurs brésiliens, engagés dans un processus de modernisation de leur filière.
Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la production nationale et à réduire la dépendance aux produits importés.
Le Maroc voit ses ambitions freinées
Même si cette mesure ne cible pas spécifiquement le Royaume, elle limite les perspectives des exportateurs marocains.
Le Maroc figure aujourd’hui parmi les principaux fournisseurs étrangers de sardines en conserve du Brésil.
Cependant, les droits de douane maintenus à 32 % réduisent fortement la compétitivité des produits marocains face aux fabricants locaux.
Les entreprises marocaines espéraient profiter de la croissance de la consommation alimentaire au Brésil afin de diversifier leurs débouchés, traditionnellement concentrés sur l’Europe.
Un marché encore modeste mais stratégique
Selon les statistiques commerciales de 2025, le Maroc a exporté environ 7,3 tonnes de sardines en conserve vers le Brésil, pour une valeur estimée à 32 800 dollars.
Ces volumes restent limités puisqu’ils représentent environ 1,9 % des importations brésiliennes de ce produit.
Malgré cette faible part de marché, le potentiel de croissance reste important.
Le Brésil compte plus de 200 millions d’habitants et représente l’un des plus grands marchés alimentaires d’Amérique latine.
Une compétitivité mise à l’épreuve
L’industrie marocaine de la conserve bénéficie pourtant de plusieurs atouts.
Le Royaume figure parmi les premiers producteurs mondiaux de sardines et dispose d’un savoir-faire reconnu dans la transformation des produits de la mer.
Les conserveries installées notamment à Safi, Agadir, Laâyoune et Dakhla répondent aux normes sanitaires internationales et exportent vers de nombreux marchés.
Cependant, sans avantage tarifaire, les entreprises marocaines doivent absorber un coût supplémentaire important pour accéder au marché brésilien.
Cette situation réduit leurs marges et complique leur développement commercial.
L’absence d’accord commercial pèse sur les exportations
L’un des principaux obstacles reste l’absence d’accord de libre-échange entre le Maroc et le Mercosur.
Contrairement à certains partenaires commerciaux, les exportateurs marocains ne bénéficient d’aucun régime préférentiel.
Ils doivent donc acquitter les droits de douane appliqués aux pays tiers.
Cette réalité renforce l’intérêt d’une coopération économique plus étroite entre Rabat et les pays d’Amérique du Sud.
Quelles perspectives pour les exportateurs marocains ?
Face à cette décision, plusieurs stratégies restent envisageables.
Les industriels marocains peuvent miser sur des produits à plus forte valeur ajoutée afin de compenser le poids des taxes.
Ils peuvent également renforcer leur présence sur d’autres marchés émergents tout en poursuivant les discussions commerciales avec les autorités brésiliennes.
À moyen terme, l’évolution de la politique commerciale du Brésil dépendra aussi de la situation de son industrie nationale et de ses besoins en approvisionnement.
Le Brésil confirme sa priorité à la production nationale
Le maintien des taxes sur les sardines au Brésil illustre la volonté des autorités de protéger leur industrie agroalimentaire.
Pour le Maroc, cette décision constitue un obstacle supplémentaire dans sa stratégie de diversification des exportations.
Elle rappelle également que la compétitivité internationale ne dépend pas uniquement de la qualité des produits. Les politiques commerciales, les accords bilatéraux et les barrières tarifaires restent des facteurs déterminants pour accéder durablement aux grands marchés mondiaux.
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