Le procès de Mohammed Taoussi, ancien champion marocain de karaté, doit s’ouvrir le 23 septembre devant la cour d’assises du Luxembourg, à Arlon. L’ancien athlète, âgé de 30 ans, est accusé d’avoir causé la mort de son fils Wassim, âgé de 3 ans et demi.
Les débats au fond doivent débuter le 28 septembre. L’accusé comparaît pour meurtre, privation d’aliments et de soins ainsi que pour des violences volontaires répétées. Il conteste les faits qui lui sont reprochés.
Mohammed Taoussi face aux jurés à Arlon
Le 23 septembre sera consacré à la constitution du jury avant l’ouverture des débats. Ceux-ci commenceront quelques jours plus tard devant la cour d’assises du Luxembourg.
Au cœur du procès : les circonstances de la mort du petit Wassim, décédé en novembre 2023 après avoir subi de graves traumatismes crâniens.
L’accusation estime que l’enfant aurait été victime de violences répétées. Elle retient également un mobile discriminatoire lié à des troubles autistiques présumés chez le garçon.
Si les faits étaient établis, Mohammed Taoussi encourrait la réclusion à perpétuité.
La mort du petit Wassim à Habay-la-Vieille
Le 25 novembre 2023, les secours sont appelés au domicile familial à Habay-la-Vieille, dans le sud de la Belgique. Wassim, alors âgé de 3 ans et 5 mois, est retrouvé inconscient.
L’enfant est transporté à l’hôpital d’Arlon. Malgré les tentatives de réanimation, il décède quelques heures plus tard.
Une enquête judiciaire est rapidement ouverte. Une autopsie médico-légale est ordonnée afin de déterminer les causes exactes du décès.
Selon les éléments retenus par l’accusation, les experts ont conclu à une importante hémorragie intracrânienne. L’examen aurait également révélé plusieurs lésions et hématomes sur le corps de l’enfant.
Quelques jours après le décès, Mohammed Taoussi est interpellé et placé sous mandat d’arrêt. Il est depuis détenu dans l’attente de son procès.
Des blessures antérieures au décès
L’enquête s’est également intéressée aux antécédents médicaux de l’enfant.
En avril 2022, Wassim avait été hospitalisé après une blessure à l’épaule. Au printemps 2023, il avait ensuite été pris en charge pendant plusieurs semaines à la suite d’une fracture déplacée du fémur.
Les enquêteurs se sont notamment intéressés aux explications données par son père sur l’origine de cette blessure. Selon l’accusation, celles-ci auraient varié au cours de l’enquête.
Des témoignages recueillis dans l’entourage familial et le voisinage évoquent également des cris et des violences présumées au domicile.
Ces éléments font partie du dossier soumis à la cour d’assises.
Un ancien champion marocain de karaté
Avant cette affaire judiciaire, Mohammed Taoussi s’était fait connaître dans le monde du sport.
Né au Maroc en 1994, il aurait remporté plusieurs titres nationaux de karaté avant d’intégrer la sélection marocaine. Il s’installe ensuite en Belgique en 2017 afin de poursuivre son parcours sportif.
Il y rencontre Norma Prester. Le couple devient parent de Wassim en juin 2020 avant de se séparer.
En février 2023, Norma Prester meurt dans un accident de la route à l’âge de 28 ans. Mohammed Taoussi devient alors le principal responsable de la prise en charge quotidienne de son fils.
La défense entend notamment replacer les événements dans leur contexte familial et personnel.
Une défense qui conteste les accusations
Face aux accusations, Mohammed Taoussi nie avoir frappé son fils ou provoqué sa mort.
La défense, représentée par Me Marc Kauten, compte notamment s’appuyer sur plusieurs témoignages favorables issus de l’école fréquentée par Wassim et du Service d’aide à la jeunesse.
Selon ces témoignages, le père était présent et impliqué dans la vie de son fils. Aucun membre de l’équipe éducative n’aurait signalé de traces de violences ou de signes particuliers d’angoisse chez l’enfant.
La défense entend également examiner la chronologie médicale des derniers jours de Wassim.
Le mobile lié aux troubles autistiques au centre du procès
Le dossier comporte enfin une question particulièrement sensible : l’état de santé de l’enfant.
Des traits autistiques auraient été observés chez Wassim, mais aucun diagnostic définitif n’aurait été établi avant son décès.
Pour le ministère public, l’attitude supposée du père face à ces manifestations pourrait constituer un mobile discriminatoire. Cette circonstance aggravante figure parmi les éléments soumis aux jurés.
La défense conteste cette lecture du dossier.
Les jurés devront trancher entre deux versions
À partir du 28 septembre, les douze jurés devront examiner les témoignages, les expertises médicales et les autres éléments du dossier.
L’accusation défend la thèse de violences répétées ayant conduit à la mort de l’enfant. La défense, elle, conteste cette version et maintient l’innocence de Mohammed Taoussi.
La cour d’assises devra déterminer, au terme des débats, si les faits reprochés à l’ancien champion marocain sont établis et, le cas échéant, quelle responsabilité pénale peut lui être imputée.
Sources externes :
Ne manquez rien de l'actualité de la diaspora !
S'inscrire à notre prochaine newsletter pour recevoir nos guides pratiques, nos conseils (démarches, investissement) et l'essentiel de l'actu MRE directement dans votre boîte mail.

