La viande brésilienne au Maroc pourrait prendre une place plus importante sur le marché marocain. Depuis le 3 septembre 2026, l’Union européenne applique de nouvelles exigences concernant les antimicrobiens utilisés dans les élevages. Le Brésil ne figure pas, à ce stade, parmi les pays autorisés à exporter certains produits animaux vers l’UE.
Cette situation pousse les exportateurs brésiliens à rechercher de nouveaux débouchés. Le Maroc apparaît parmi les marchés susceptibles d’attirer une partie de ces flux. Cette évolution intervient alors que les éleveurs espagnols ont déjà perdu une partie de leur accès au marché marocain.
Viande brésilienne au Maroc : pourquoi cet intérêt ?
Le changement découle de l’entrée en vigueur de l’article 118 du règlement européen sur les médicaments vétérinaires.
Depuis le 3 septembre, les pays qui exportent des animaux et des produits d’origine animale vers l’Union européenne doivent fournir des garanties concernant l’utilisation des antimicrobiens.
Le Brésil ne figurait pas sur la liste des pays autorisés au moment de l’entrée en vigueur de ces nouvelles règles.
La Commission européenne précise toutefois que cette situation peut évoluer. Le Brésil peut fournir les garanties nécessaires et demander sa réintégration dans la liste des pays autorisés.
En attendant, les exportateurs cherchent donc d’autres marchés.
Les exportations brésiliennes cherchent de nouveaux marchés
Le Brésil dispose d’une importante industrie de la viande. Le pays exporte notamment de grandes quantités de viande bovine et de volaille.
Le marché marocain représente déjà un débouché pour plusieurs produits agricoles et alimentaires brésiliens.
Dans ce contexte, les exportations de viande brésilienne pourraient se réorienter vers des marchés situés hors de l’Union européenne.
Selon José María García Álvarez-Coque, professeur à l’Université polytechnique de Valence, cette évolution pourrait accentuer la pression sur les producteurs espagnols.
Le professeur estime que le Maroc représentait auparavant un marché important pour les exportateurs espagnols de bovins.
Viande brésilienne au Maroc : l’Espagne face à une nouvelle concurrence
La situation préoccupe particulièrement le secteur bovin espagnol.
En 2024, l’Espagne avait exporté 61 715 bovins vivants vers le Maroc, selon les données citées par La Voz de Galicia. Le Royaume figurait alors parmi ses principaux débouchés extérieurs.
La relation commerciale s’est ensuite dégradée après l’apparition de la dermatose nodulaire contagieuse en Espagne. Le Maroc a suspendu l’entrée de bovins vivants en provenance du pays.
Les éleveurs espagnols ont donc perdu un marché important. Dans le même temps, les exportateurs brésiliens recherchent de nouvelles destinations pour leurs produits.
Un marché marocain toujours demandeur
Le contexte marocain explique aussi l’intérêt porté au Royaume.
Le pays cherche à renforcer son approvisionnement en viande rouge et à limiter la pression sur les prix. Les importations jouent un rôle dans cette stratégie.
Les autorités marocaines ont déjà pris plusieurs mesures pour faciliter l’approvisionnement du marché en bétail et en viande.
L’arrivée de nouveaux fournisseurs pourrait donc diversifier l’offre disponible pour les consommateurs marocains.
La viande brésilienne pourrait accentuer la concurrence
L’arrivée de viande bovine brésilienne sur le marché marocain pourrait renforcer la concurrence entre fournisseurs.
Pour les producteurs espagnols, cette perspective intervient après la fermeture du marché marocain aux bovins vivants en provenance d’Espagne.
José María García Álvarez-Coque estime que cette nouvelle configuration peut peser sur les producteurs espagnols. Il rappelle toutefois que l’évolution des prix du bétail dépend de plusieurs facteurs.
Il serait donc excessif d’attribuer les difficultés du secteur espagnol à la seule concurrence brésilienne.
Pourquoi l’Europe limite-t-elle les importations brésiliennes ?
La décision européenne repose sur les règles visant à lutter contre la résistance aux antimicrobiens.
La réglementation européenne encadre notamment l’utilisation de certains médicaments vétérinaires. Elle impose aussi des garanties pour les produits provenant de pays tiers.
L’objectif consiste notamment à éviter l’utilisation de certaines substances interdites dans l’Union européenne pour stimuler la croissance ou améliorer les performances des animaux.
La Commission européenne inscrit cette politique dans son approche « One Health », qui considère la résistance aux antimicrobiens comme un enjeu de santé publique.
Le Brésil conteste les conséquences de ces nouvelles règles et cherche à rétablir ses exportations vers l’Europe.
Viande brésilienne au Maroc : quel impact pour le marché ?
La situation crée un nouvel équilibre entre plusieurs grands acteurs.
Le Brésil cherche de nouveaux débouchés. Le Maroc veut sécuriser son approvisionnement. L’Espagne tente de préserver ses marchés à l’export.
Le Royaume pourrait profiter d’une offre plus diversifiée. Mais l’arrivée de nouveaux fournisseurs pourrait aussi accentuer la concurrence sur le marché marocain.
Pour l’instant, il reste difficile de déterminer quelle quantité de viande brésilienne au Maroc pourrait effectivement être redirigée après les restrictions européennes.
L’évolution des importations dans les prochains mois permettra de mesurer l’impact réel de cette nouvelle configuration commerciale.
Sources externes :
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