Nasser Bourita défend les relations Maroc-Israël et explique leur maintien par la possibilité d’agir concrètement en faveur des Palestiniens. Interrogé par Fox News le 16 septembre à New York, le ministre marocain des Affaires étrangères a notamment rappelé l’acheminement de 40 tonnes d’aide humanitaire vers le nord de Gaza en mars 2024.
Ses déclarations interviennent au lendemain d’une réunion à New York avec son homologue israélien Gideon Sa’ar et l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz. Les trois pays ont annoncé le renforcement des relations diplomatiques entre Rabat et Tel-Aviv, avec notamment la transformation des représentations diplomatiques en ambassades et la nomination d’ambassadeurs.
Bourita explique le choix du Maroc
Nasser Bourita a défendu le maintien des relations avec Israël en mettant l’accent sur leur utilité concrète.
« Nous pouvons aider les Palestiniens sur le plan humanitaire parce que nous avons ces relations avec Israël », a déclaré le ministre à Fox News.
Il a ainsi présenté les canaux diplomatiques comme un moyen permettant au Maroc de faciliter certaines initiatives humanitaires en faveur des Palestiniens.
Bourita a également insisté sur le fait que Rabat ne partage pas automatiquement les positions israéliennes.
« Nous ne sommes pas d’accord avec Israël à 100 %. Chacun peut avoir sa propre politique », a-t-il expliqué.
Les 40 tonnes d’aide envoyées à Gaza
Pour illustrer son argument, le ministre marocain a cité une opération humanitaire menée en mars 2024.
Le Maroc avait alors réussi à faire parvenir 40 tonnes de produits alimentaires et médicaux au nord de Gaza en utilisant une route terrestre via le point de passage de Kerem Shalom.
Selon Reuters, la cargaison avait d’abord été transportée par avion jusqu’en Israël. Elle avait ensuite rejoint Gaza par voie terrestre à bord de camions du Croissant-Rouge palestinien. Une source diplomatique marocaine avait alors indiqué que les relations établies avec Israël avaient permis d’obtenir cet itinéraire.
Pour Bourita, cet épisode illustre donc l’intérêt de conserver des canaux de dialogue, même lorsque les positions politiques des deux pays ne coïncident pas.
« Prendre des initiatives » plutôt que rester dans la rhétorique
Le ministre marocain a également opposé les déclarations politiques aux initiatives concrètes.
Il a demandé s’il était préférable de continuer « dans la rhétorique et les positions politiques » ou de prendre des initiatives permettant d’obtenir des résultats sur le terrain.
Bourita a aussi évoqué la participation du Maroc aux efforts liés à la stabilisation de Gaza.
Il a défendu une approche fondée sur l’action et le maintien de canaux diplomatiques ouverts.
Maroc-Israël : les relations passent à une nouvelle étape
Ces déclarations prennent une dimension particulière après l’annonce faite le 16 septembre 2026 à New York.
Le Maroc et Israël ont convenu de renforcer leurs relations diplomatiques. Les deux pays doivent notamment élever leurs représentations au rang d’ambassades de plein exercice et procéder à un échange d’ambassadeurs.
L’accord prévoit également de développer la coopération dans plusieurs domaines. Les deux parties ont évoqué notamment le commerce, les investissements, l’agriculture, l’eau, l’énergie, les télécommunications et le tourisme.
Le retour des vols directs entre les deux pays figure également parmi les mesures annoncées.
Une position marocaine qui distingue relations diplomatiques et convergence politique
Dans son intervention, Bourita présente donc le maintien des relations avec Israël comme un outil diplomatique, et non comme une adhésion à l’ensemble des politiques israéliennes.
Son argument repose notamment sur la capacité du Maroc à utiliser ces canaux pour faciliter certaines actions en faveur des Palestiniens.
L’exemple de l’aide humanitaire de 2024 constitue la principale illustration avancée par le ministre.
Cette position intervient alors que Rabat et Tel-Aviv s’apprêtent à approfondir leurs relations diplomatiques, tout en affirmant des positions qui ne sont pas identiques sur l’ensemble des dossiers régionaux.
Sources externes :
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