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lundi 25 mai 2026

Marocains du monde : une voix qui compte vraiment dans l’avenir du Maroc

Ils sont plus de 5 millions à vivre hors des frontières du Royaume. Présents sur tous les continents, les marocains du monde contribuent de manière significative à l’économie nationale, notamment à travers les transferts de fonds, qui atteignent chaque année des niveaux record. Mais si leur poids économique est reconnu, leur place dans la sphère politique reste, elle, sujette à débat. Les MRE ont-ils réellement voix au chapitre dans les choix stratégiques du pays ? Peuvent-ils peser sur l’avenir du Maroc ?

À cette question, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a récemment apporté une réponse officielle. Interrogé par un conseiller parlementaire sur la participation des MRE au processus politique, il a rappelé que « le système électoral national garantit, conformément à la Constitution, aux membres de la communauté marocaine résidant à l’étranger le droit de s’inscrire sur les listes électorales générales et de participer au vote comme à la candidature lors de toutes les échéances électorales organisées sur le territoire national. »

En clair, aucun texte de loi ne fait obstacle à la participation des MRE à la vie démocratique marocaine. L’article 17 de la Constitution de 2011 leur accorde expressément ce droit, en précisant qu’ils peuvent exercer leur droit de vote et de candidature, à partir des pays de résidence. Une reconnaissance qui s’inscrit dans une logique d’ouverture et d’inclusion, portée par les discours royaux successifs.

Mais entre le principe et la pratique, un fossé subsiste. Dans les faits, les MRE n’élisent pas leurs représentants depuis leurs pays d’accueil. Pour voter, ils doivent souvent se déplacer physiquement au Maroc, ce qui constitue un obstacle majeur à l’exercice de leur droit civique. De même, aucun mécanisme clair n’est en place pour garantir leur représentation au Parlement, une revendication de longue date des associations de la diaspora. Le mode de scrutin actuel ne prévoit pas de circonscriptions dédiées aux MRE, comme c’est le cas dans d’autres pays du Maghreb ou d’Europe.

Les tentatives d’instaurer un quota de sièges réservés à la diaspora ou des listes électorales consulaires se sont jusqu’ici heurtées à des freins institutionnels, voire politiques. Résultat : malgré des intentions affichées, la diaspora reste largement absente des instances de décision. Une situation que de nombreux MRE perçoivent comme un décalage entre leur rôle stratégique pour le pays et la considération réelle qui leur est accordée dans l’espace politique.

Pourtant, les attentes sont fortes. De nombreuses voix au sein de la communauté marocaine à l’étranger appellent à une meilleure représentativité, à des outils concrets de participation, mais aussi à des politiques publiques adaptées aux enjeux spécifiques des MRE : simplification des démarches administratives, accès à la justice, fiscalité, ou encore soutien à l’investissement.

Au-delà des enjeux électoraux, c’est la question plus large de l’inclusion dans les choix stratégiques qui est posée.

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