Lorsqu’un marocain résidant à l’étranger perçoit des loyers d’un bien immobilier situé au Maroc, il n’échappe pas à la fiscalité locale. Et au cœur de ce dispositif se trouve un mécanisme souvent mal compris mais crucial : la retenue à la source. Cette mesure, loin d’être anecdotique, vise à sécuriser la collecte de l’impôt sur les revenus fonciers, surtout lorsqu’ils sont générés par des non-résidents.
Concrètement, cette retenue s’applique uniquement lorsque le locataire est une personne morale ou une entreprise, autrement dit, une entité soumise à des obligations fiscales au Maroc. Dans ce cas, c’est le preneur qui devient collecteur d’impôt : il est tenu de prélever un pourcentage du loyer et de le reverser directement au Trésor marocain. Le propriétaire perçoit donc un loyer net d’impôt, la part fiscale étant déjà versée par l’intermédiaire du locataire.
Cette mécanique diffère si le locataire est un particulier : dans ce cas, aucune retenue n’est effectuée à la source, et c’est au bailleur lui-même — le MRE — de s’acquitter de l’impôt selon les modalités habituelles de déclaration. Cette distinction, qui peut sembler technique, est pourtant fondamentale : elle détermine non seulement qui paie quoi, mais surtout qui est responsable en cas de manquement.
Pour les MRE, l’enjeu est double : assurer leur conformité fiscale au Maroc tout en évitant les sanctions liées à une mauvaise compréhension du dispositif. Dans un contexte de digitalisation croissante des services fiscaux, une vigilance accrue est nécessaire. Comprendre la retenue à la source, c’est protéger son patrimoine, éviter les erreurs coûteuses et rester en règle avec l’administration fiscale même à des milliers de kilomètres de distance.
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