Aïd Al Adha 2026 : Les tensions observées sur le marché du mouton pour l’Aïd Al-Adha. 2026 au Maroc ne relèvent pas d’une simple pénurie passagère. Elles reflètent, selon l’analyse de l’enseignant-chercheur Tahar Sraïri. Des fragilités plus profondes de l’élevage marocain et une hausse durable des coûts de production.
Aïd Al Adha 2026 : ce qu’il faut retenir
Pour ce spécialiste de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II à Rabat. L’Aïd Al-Adha 2026 agit comme un révélateur. Le recensement réalisé à l’été 2025 montre une relative stabilité du nombre d’ovins et de caprins. Par rapport aux références historiques. Le problème ne vient donc pas d’un effondrement du cheptel de moutons.
En revanche, il met en avant une évolution moins visible : la forte décapitalisation du cheptel. Bovin après plusieurs années de sécheresse. Environ 30% des bovins auraient été perdus sur la période récente, avec un impact direct sur la filière viande rouge.
Moins nombreux et moins productifs, les bovins ont laissé plus de place aux petits ruminants dans l’approvisionnement des boucheries. Une partie des moutons, traditionnellement réservée à l’Aïd. Est désormais utilisée pour la consommation courante tout au long de l’année. Tend le marché au moment de la fête.
Coûts de production en hausse et limites des estimations
Au-delà des chiffres, Tahar Sraïri insiste sur la hausse durable des coûts de production. Nourrir, soigner et transporter les animaux devient plus cher. Notamment avec la raréfaction de la main-d’œuvre agricole et l’impact croissant du changement climatique.
Les estimations disponibles reposent sur des modèles démographiques. Ils projettent le nombre d’animaux à partir des femelles reproductrices et des naissances attendues. Mais ces modèles ne prennent pas toujours en compte certains paramètres : mortalité plus élevée liée aux sécheresses. Ventes forcées, ou changements dans les pratiques d’élevage.
Résultat : le nombre théorique de têtes disponibles peut surestimer la réalité des animaux effectivement prêts. Pour le marché de l’Aïd. Alimente les tensions sur les prix.
Une tradition marocaine qui limite les solutions faciles
L’enseignant-chercheur rappelle aussi une particularité marocaine souvent sous-estimée : la place centrale du mouton dans la fête. Le Maroc reste un pays d’élevage ovin où le sacrifice de l’Aïd conserve une forte dimension. Culturelle et symbolique.
Cette spécificité freine l’idée d’une importation massive de moutons comme solution rapide. Selon lui, plusieurs obstacles se cumulent :.
- attachement des consommateurs à des animaux élevés localement et à des races connues ;.
- contraintes logistiques pour acheminer et contrôler des animaux importés ;.
- coût d’importation qui ne garantit pas des prix plus bas pour le consommateur final.
Dans ce contexte, l’importation ne constitue pas une réponse durable à la hausse des prix. Elle pourrait soulager temporairement certaines tensions sans traiter les causes structurelles.
Ce que cela signifie pour les familles au Maroc et les visites des MRE
Pour les familles qui vivent au Maroc, le mouton de l’Aïd devrait donc rester plus coûteux. Au moins à moyen terme. La combinaison sécheresse, recul des bovins et renchérissement des intrants pèse durablement sur les éleveurs.
Pour celles et ceux qui vivent à l’étranger et prévoient de passer l’Aïd Al-Adha 2026 au pays. Cette tendance a une conséquence concrète : il faut anticiper un budget plus important pour le sacrifice. Surtout dans les grandes villes où la demande reste forte.
À plus long terme, cette situation interroge le modèle de l’élevage marocain et la manière de concilier traditions. Sécurité alimentaire et changement climatique. Les décisions publiques à venir, en matière de soutien aux éleveurs et de gestion des ressources en eau. Seront décisives pour l’évolution du prix du mouton lors des prochains Aïd.
Pour aller plus loin, consultez notre décryptage Canal212 sur les dispositifs d’investissement.
Pour suivre les mises à jour officielles, consultez les références officielles de Bank Al-Maghrib.
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