mardi 15 septembre 2026

Pourquoi l’automobile marocaine inquiète une partie de l’industrie italienne

industrie automobile marocaine : Dans un entretien accordé à Reuters le président de l’Association professionnelle italienne. « Anfia » (Associazione Nazionale Filiera Industria Automobilistica). Roberto Vavassori. A critiqué le projet européen d’ « Industrial Accelerator Act » (IAA). Censé soutenir l’investissement industriel. La décarbonation et la production locale en Europe.

industrie automobile marocaine : ce qu’il faut retenir

À l’heure où l’Union européenne finalise son projet d’« Industrial Accelerator Act » (IAA). Une partie de l’industrie automobile italienne refuse que les composants fabriqués au Maroc soient comptabilisés comme du contenu européen.

Dans un entretien accordé à l’agence Reuters, Roberto Vavassori. Président de l’association professionnelle italienne Anfia (Associazione Nazionale Filiera Industria Automobilistica). A critiqué le dispositif européen censé soutenir l’investissement industriel, la décarbonation et la production locale.

Selon lui, le texte, dans sa version actuelle, risque au contraire d’encourager les importations en provenance. De pays liés à l’UE par des accords de libre-échange. Comme le Maroc ou la Turquie. Au détriment de la production sur le sol européen.

Les inquiétudes italiennes face à la concurrence mondiale

La charge de Roberto Vavassori intervient dans un contexte tendu pour la filière italienne. Les fournisseurs automobiles du pays ont exporté pour 4,9 milliards d’euros de produits vers l’Allemagne en 2025. Dont jusqu’à 20 % liés au constructeur Volkswagen.

La récente restructuration de ce dernier, motivée par le ralentissement de la demande et la pression de la concurrence chinoise. Alimente les craintes de l’Anfia. Vavassori anticipe un recul d’environ 10 % des exportations cette année, après une baisse de 4,6 % au premier semestre.

À plus long terme, il n’exclut pas une chute de 40 à 50 % d’ici 2028 en. L’absence de protection renforcée face aux importations en provenance de Chine. Il parle même de « fin de partie » pour le secteur dans ce scénario.

Dans ce contexte, il réclame des droits de douane de 80 % sur les véhicules et composants. Chinois au-delà d’un certain seuil d’importations. Les véhicules restent exonérés jusqu’à 8 % des immatriculations annuelles européennes, mais au-delà, l’Italie veut un mur tarifaire.

Le Maroc dans le viseur, mais pas seul

L’industrie automobile marocaine, en plein essor, devient ainsi l’un des symboles des tensions entre protection des filières nationales européennes et ouverture commerciale. Vavassori estime que l’IAA, en permettant d’intégrer des pièces marocaines au calcul du contenu local européen, ne ferait qu’accélérer le déclin industriel de l’Europe plutôt que de le freiner.

Le Maroc n’est toutefois pas le seul pays concerné. D’autres voix, en France notamment, s’alarment aussi d’un périmètre jugé trop large pour ce futur cadre. « Made in Europe ».

La Plateforme automobile française (PFA), présidée par Luc Chatel, plaide pour un champ géographique plus restreint. Elle estime que l’ouverture envisagée dilue la préférence européenne et brouille la notion même de production européenne.

Un fournisseur comme CLIFA juge également que cette ouverture réduit fortement la portée du dispositif. L’Allemagne, en revanche, défend une approche plus ouverte, misant sur l’intégration de partenaires proches.

Enjeux pour les investissements et la confiance des MRE

Pour les Marocains résidant à l’étranger qui suivent de près l’évolution de l’industrie automobile marocaine, ce débat est à surveiller pour plusieurs raisons :

  • il peut influencer les décisions d’investissement industriel au Maroc ;.
  • il pèse sur la visibilité à long terme des chaînes de valeur reliant le Maroc à l’Europe ;.
  • il pourrait, selon l’issue des négociations, redessiner les avantages compétitifs du « Made in Morocco » pour les. Exportations vers l’UE.

Les usines et écosystèmes automobiles au Maroc demeurent aujourd’hui intégrés aux chaînes européennes grâce aux accords. Commerciaux avec l’UE. Le débat autour de l’IAA ne remet pas en cause ces accords. Il peut en changer l’usage pratique dans le calcul du contenu local.

Les MRE qui s’intéressent aux projets industriels, aux zones franches ou aux métiers liés à l’automobile. Ont donc intérêt à suivre l’évolution du dossier à Bruxelles. Les arbitrages finaux sur le périmètre du futur « Made in Europe » diront jusqu’où l’UE souhaite. Ou non, inclure ses partenaires méditerranéens dans sa stratégie industrielle.

En attendant, les chiffres publiés au niveau européen, notamment par l’ACEA. Montrent que la part des voitures de marques chinoises dans l’UE a dépassé 9 % au premier semestre 2026. Cette montée en puissance nourrit les réflexes protectionnistes, dont le Maroc découvre aujourd’hui les limites potentielles. Malgré son statut de partenaire privilégié.

Pour apprécier l’impact sur l’économie marocaine et sa stabilité macroéconomique. Les indicateurs et analyses des institutions officielles. Telles que Bank Al-Maghrib. Resteront des repères importants pour les investisseurs, y compris ceux de la communauté marocaine à l’étranger.

Pour aller plus loin, consultez notre décryptage Canal212 sur les dispositifs d’investissement.

Pour suivre les mises à jour officielles, consultez les références officielles de Bank Al-Maghrib.

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