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Les Marocains, première main-d’œuvre étrangère en Espagne

La communauté marocaine renforce sa présence sur le marché du travail espagnol, selon les dernières statistiques du ministère espagnol de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations. À fin février 2025, plus de 350.000 ressortissants marocains sont officiellement affiliés à la sécurité sociale espagnole, confirmant leur place de première nationalité étrangère dans le monde du travail ibérique.

Avec précisément 350.794 travailleurs enregistrés, le Maroc devance désormais nettement la Roumanie (335.026 affiliés) qui occupait la première place jusqu’en 2012, et la Colombie qui complète le podium avec 218.739 affiliés. Cette évolution marque une progression constante de la présence marocaine dans le pays, leur nombre ayant considérablement augmenté ces dernières années : 24.400 affiliés supplémentaires par rapport à janvier 2024, 90.200 de plus qu’en 2019, et 158.500 de plus qu’il y a une décennie.

Des travailleurs concentrés dans des secteurs spécifiques

L’agriculture, l’élevage et la pêche constituent les principaux secteurs d’emploi pour la communauté marocaine, avec environ 33% des travailleurs marocains y étant employés. Ces secteurs, parmi les moins bien rémunérés de l’économie espagnole (1.562 euros bruts mensuels contre une moyenne nationale de 2.273 euros), reflètent une réalité préoccupante de précarité professionnelle.

« Il y a des secteurs spécifiques dans lesquels on imagine qu’un travailleur marocain doit se trouver. Et ce sont des emplois aux conditions dures, très précaires », déplore Ahmed Khalifa, président de l’Association marocaine pour l’intégration des immigrés.

Outre l’agriculture, les Marocains sont également surreprésentés dans le travail domestique, l’hôtellerie et la construction, mais pratiquement absents des secteurs bancaires, médiatiques ou éducatifs.

Des témoignages qui révèlent une réalité difficile

« La campagne est toujours très dure. Ici, il faut supporter la chaleur, la pluie, tout ce qui arrive », témoigne Elwali Bocharga, 33 ans, l’un des nombreux travailleurs marocains confrontés à des conditions de travail éprouvantes.

Mohammed Alami, président de l’Association des amis du peuple marocain (ITRAN), dénonce dans El Pais l’exploitation dont sont victimes de nombreux ouvriers marocains. « La plupart des ouvriers marocains travaillant dans les champs sont exploités, gagnant 15 ou 20 euros par jour. Nous ne pouvons pas permettre cela », s’insurge-t-il.

Les diplômés ne sont pas épargnés par ces difficultés d’insertion professionnelle. « Je ne trouve pas de travail dans mon domaine. Nous voulons travailler, comme tout le monde », confie Anas Khouader, 27 ans, qui a étudié dans une école espagnole au Maroc et obtenu un diplôme en relations professionnelles à l’université de Grenade.

Une contribution croissante à l’économie espagnole

Au total, l’Espagne compte désormais 2,78 millions de travailleurs étrangers affiliés à la sécurité sociale, soit une hausse de 31.369 affiliations. Ces travailleurs représentent 13,8% de la force de travail du pays, un pourcentage en légère augmentation par rapport à l’année précédente.

Parmi ces travailleurs étrangers, moins d’un tiers (898.415) proviennent de pays de l’Union européenne, tandis que près de deux tiers (1.969.617) sont originaires de pays tiers, dont une part importante du Maroc.

La communauté marocaine, qui constituait déjà la plus grande communauté étrangère en Espagne avec 883.243 résidents en 2022 selon l’Institut National de Statistique (INE), renforce ainsi son ancrage dans le paysage économique et social espagnol, malgré les défis persistants liés à la précarité et aux discriminations.

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