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lundi 25 mai 2026

Benjelloun, Sefrioui, Akhannouch : l’éternel trio de tête des fortunes marocaines

Dans un monde où les fortunes se font et se défont au gré des révolutions technologiques, le Maroc fait figure d’exception. Le dernier classement Forbes des milliardaires de 2025, dans son édition de juillet, révèle une stabilité à la fois rassurante et interpellante au sommet des richesses du Royaume. Année après année, le même triumvirat d’hommes d’affaires règne en maître, témoignant de la solidité de leurs empires, mais soulevant aussi des questions sur le renouvellement de l’élite économique marocaine.

Aux commandes de ce club très fermé, on retrouve les figures incontournables de la finance et de l’immobilier. En tête, Othman Benjelloun, 92 ans, continue de faire de la résistance avec une fortune estimée à 1,6 milliard de dollars. À la tête de l’empire bancaire Bank of Africa, il est la parfaite illustration d’une réussite construite sur l’héritage familial et une vision stratégique audacieuse. Son holding FinanceCom diversifié, notamment dans les télécoms, confirme sa capacité à naviguer et à prospérer dans un environnement économique en constante mutation.

Il partage la première marche du podium avec Anas Sefrioui. À 68 ans, le fondateur du Groupe Addoha affiche lui aussi une fortune de 1,6 milliard de dollars. Sa success-story est intimement liée aux politiques de logements sociaux du Maroc, un créneau qu’il a su exploiter pour bâtir son empire et devenir un acteur incontournable du secteur immobilier.

Vient ensuite le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, avec une fortune de 1,5 milliard de dollars. Son conglomérat familial, Akwa Group, est un poids lourd stratégique du secteur de l’énergie, de la chimie et du gaz. La présence d’un leader politique à une telle position dans le classement met en lumière les liens complexes, et parfois ambigus, qui unissent pouvoir politique et pouvoir économique au sein du Royaume.

Si cette constance peut rassurer sur la solidité de l’économie marocaine, elle pose également la question de l’émergence de nouvelles fortunes. Dans un contexte mondial dominé par des figures comme Elon Musk, Mark Zuckerberg ou Jeff Bezos, qui caracolent en tête avec des fortunes astronomiques (respectivement 342 milliards, 216 milliards et 215 milliards de dollars), l’absence de nouveaux entrants au Maroc est frappante.

Le classement Forbes de 2025, qui recense un nombre record de 3 028 milliardaires dans le monde, confirme une concentration des richesses sans précédent. Au Maroc, cette concentration se traduit par l’absence de « nouveaux milliardaires ». Où sont les créateurs de startups, les innovateurs de rupture, les visionnaires de la « green tech » ? Cette question, posée implicitement

par le classement, révèle peut-être un écosystème qui peine encore à offrir un véritable tremplin aux jeunes entrepreneurs.

En fin de compte, la liste Forbes est bien plus qu’un simple palmarès des fortunes. Elle est un miroir des dynamiques de pouvoir, un révélateur des forces qui façonnent l’économie du pays. Elle montre un Maroc stable, porté par des figures solides et expérimentées. Mais elle révèle aussi les défis qui l’attendent : celui d’ouvrir le sommet de la pyramide à une nouvelle génération d’acteurs. L’enjeu est de taille : pour un développement plus inclusif, il est indispensable de faire émerger des figures capables d’incarner l’avenir et l’innovation du Royaume.

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