Victime collatérale du séisme qui a frappé le Maroc en septembre 2023, le cyprès de l’Atlas, espèce endémique et protégée, est aujourd’hui plus que jamais menacé. Déjà fragilisé par les effets du changement climatique et l’exploitation humaine, ce joyau naturel du Haut Atlas risque de disparaître à terme si rien n’est fait pour le préserver.
Parmi les quelque 300 espèces d’arbres et d’arbustes recensées dans le bassin méditerranéen, le Cupressus atlantica Gaussen, communément appelé cyprès de l’Atlas, tient une place particulière. Cet arbre majestueux, capable de résister à la sécheresse et aux températures extrêmes, est une rareté botanique localisée dans la vallée de l’oued N’Fiss, dans le Haut Atlas marocain.
Découvert en 1921 par le capitaine Charles Watier, alors inspecteur des Eaux et Forêts du Sud marocain, cet arbre millénaire a rapidement attiré l’attention du monde scientifique. En 1950, le botaniste français Henri Gaussen le classera officiellement comme espèce à part entière, soulignant son importance écologique et sa rareté.
Mais aujourd’hui, la menace est réelle. L’intensification des activités humaines, comme le déboisement ou le surpâturage, combinée à une crise climatique de plus en plus visible dans les régions montagneuses, réduit dramatiquement son aire de répartition. Le séisme de 2023 n’a fait qu’aggraver la situation, en déstabilisant les sols et les écosystèmes fragiles de la région.
Si aucune mesure urgente de conservation n’est engagée, ce patrimoine naturel unique risque de sombrer dans l’oubli, emportant avec lui un pan de la biodiversité marocaine et un symbole de résilience végétale face au dérèglement climatique.
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