vendredi 4 septembre 2026

Santé mentale au Maroc : un plan de près de 4 milliards de dirhams d’ici 2030

Pendant longtemps, la santé mentale au Maroc est restée confrontée au manque de moyens et aux difficultés d’accès aux soins. Le gouvernement veut désormais accélérer la réforme du secteur. Le Plan Santé Mentale 2030, lancé jeudi 3 septembre à Rabat, prévoit près de 4 milliards de dirhams pour renforcer la prévention, les soins et l’accompagnement des patients.

Selon les données présentées par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, 6,5 millions de Marocains vivent avec un trouble de santé mentale. Parmi eux, près de 2 millions sont des enfants et des jeunes. Le ministère estime également que 85 % des personnes concernées n’ont pas accès aux soins dont elles ont besoin.

Santé mentale au Maroc : 86 actions prévues d’ici 2030

Le nouveau Plan Santé Mentale 2030 veut modifier en profondeur la prise en charge des troubles psychiques.

Le programme repose sur trois axes stratégiques et quatre conditions-cadres. Au total, il comprend 86 actions et mesures.

Le ministère veut notamment renforcer la prévention et favoriser un dépistage plus précoce. Il souhaite aussi rapprocher les services de santé mentale des citoyens.

Cette nouvelle approche doit réduire la dépendance à l’hospitalisation psychiatrique. Elle doit également favoriser un parcours de soins continu, de la prévention au traitement, puis à la réhabilitation et à la réinsertion sociale.

Des hôpitaux psychiatriques plus nombreux

Le manque d’infrastructures constitue l’un des principaux défis de la santé mentale au Maroc. À l’horizon 2030, le ministère prévoit de faire passer le nombre d’hôpitaux psychiatriques de 10 à 17.

Le nombre de structures intermédiaires doit également augmenter. Il passerait de 4 actuellement à 24.

La capacité d’hospitalisation doit, elle aussi, presque doubler. Le nombre de lits consacrés à la santé mentale devrait passer de 2 466 à environ 4 728.

L’objectif consiste à développer une offre de soins dans l’ensemble des régions du Royaume et à réduire les écarts territoriaux.

Santé mentale au Maroc : un effort massif sur les psychologues

Le renforcement des infrastructures ne suffit pas. Le Maroc veut également augmenter fortement ses ressources humaines.

Le nombre de psychologues dans le secteur public devrait passer de 32 actuellement à 786 d’ici 2030. Le plan prévoit aussi d’augmenter la capacité annuelle de formation des psychiatres. Elle passerait de 36 à 124.

Pour les infirmiers spécialisés en santé mentale, la capacité de formation progresserait de 490 à 750 par an. Le gouvernement prévoit par ailleurs de mettre en place un cadre légal pour encadrer la profession de psychologue.

La prévention au cœur du Plan Santé Mentale 2030

Le nouveau dispositif ne se limite pas aux hôpitaux. Le ministère veut renforcer la prévention et le repérage précoce, notamment auprès des enfants et des adolescents.

Le plan prévoit notamment des interventions dès la période périnatale. Il prévoit aussi des outils de détection de la détresse psychologique chez les adolescents.

Le milieu scolaire occupe également une place importante. Des actions porteront notamment sur le bien-être numérique et la formation d’enseignants capables d’identifier certains signes de risque suicidaire.

Les personnes âgées, les détenus et les personnes sans-abri figurent également parmi les publics ciblés.

Un financement de près de 4 milliards de dirhams

La mise en œuvre du Plan Santé Mentale 2030 bénéficiera d’une enveloppe de près de 4 milliards de dirhams.

Ce financement doit accompagner le développement des infrastructures, le renforcement des ressources humaines et le déploiement des différentes actions prévues.

Le plan a été élaboré avec la participation de 13 départements ministériels et de plusieurs acteurs institutionnels, scientifiques et associatifs. L’Organisation mondiale de la Santé a également participé à son élaboration.

Vers une meilleure prise en charge des patients

Le gouvernement souhaite également mieux intégrer la santé mentale au Maroc dans le système de santé général. Les soins de santé primaires devraient jouer un rôle plus important dans le dépistage et l’orientation des patients.

Cette organisation doit permettre d’intervenir plus tôt et d’éviter que les patients arrivent à l’hôpital uniquement lorsque leur situation devient critique.

Le ministère prévoit aussi d’adapter le financement de la santé mentale à la généralisation de la protection sociale. Une réflexion porte notamment sur la prise en charge des actes de santé mentale dans le cadre de l’Assurance maladie obligatoire.

Santé mentale au Maroc : un changement de modèle attendu

Avec ce nouveau plan, le Maroc veut donc dépasser une approche centrée uniquement sur l’hospitalisation. La prévention, le dépistage précoce, les soins de proximité et la réhabilitation deviennent des priorités.

Les objectifs annoncés sont importants : 17 hôpitaux psychiatriques, 24 structures intermédiaires, près de 4 728 lits et 786 psychologues dans le secteur public d’ici 2030.

Le défi sera désormais de transformer ces objectifs en résultats concrets et accessibles à l’ensemble de la population.

Pour les millions de Marocains concernés par les troubles de santé mentale, l’enjeu dépasse les chiffres. Il s’agit de pouvoir accéder plus facilement à des soins adaptés et de faire évoluer le regard porté sur la souffrance psychique.

 

Sources externes :

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