Le programme Trésors des arts traditionnels entre dans une nouvelle étape. Lancée à Rabat par le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, en partenariat avec l’UNESCO, cette quatrième édition ambitionne de préserver les métiers traditionnels marocains les plus menacés. Grâce à la transmission directe entre maîtres artisans et jeunes apprentis, le Royaume entend protéger un patrimoine vivant tout en favorisant l’insertion professionnelle des nouvelles générations.
Les Trésors des arts traditionnels au service de la sauvegarde des métiers d’art
Depuis plusieurs années, le programme Trésors des arts traditionnels identifie les métiers artisanaux les plus fragiles afin d’assurer leur pérennité.
Cette quatrième édition cible dix métiers considérés comme particulièrement exposés au risque de disparition.
L’objectif est double. D’une part, préserver des savoir-faire transmis depuis plusieurs générations. D’autre part, offrir de nouvelles perspectives professionnelles aux jeunes Marocains.
Cette démarche s’inscrit dans la stratégie nationale de valorisation du patrimoine culturel immatériel.
Douze maîtres artisans transmettront leur savoir à 120 apprentis
Le cœur du programme repose sur la transmission.
Douze maîtres artisans ont reçu le titre de « Trésors des arts traditionnels » en reconnaissance de leur expertise.
Ils accompagneront 120 apprentis, femmes et hommes, dans un parcours mêlant apprentissage pratique et suivi pédagogique.
Au-delà de la maîtrise des gestes techniques, les bénéficiaires découvriront l’histoire, les matériaux et les méthodes qui caractérisent les métiers de l’artisanat marocain.
Cette approche vise à préserver un patrimoine vivant plutôt qu’un simple savoir technique.
L’UNESCO soutient la préservation du patrimoine artisanal marocain
Partenaire du programme, l’UNESCO accompagne cette initiative depuis plusieurs années.
Lors de la cérémonie de lancement, le représentant de l’organisation, Charaf Ahmimed, a rappelé que les nouvelles technologies ne remplacent pas les compétences humaines.
Selon lui, le savoir-faire artisanal demeure un élément essentiel du patrimoine culturel immatériel.
De son côté, Lahcen Essaadi, secrétaire d’État chargé de l’Artisanat, a souligné que cette politique contribue également à créer des opportunités économiques pour les jeunes tout en protégeant l’identité culturelle du Royaume.
Une ouverture vers les industries culturelles
Cette édition marque également une évolution importante.
Le lancement du programme « Ambassadeurs de l’artisanat » vise à mieux faire connaître les métiers traditionnels auprès du grand public.
La comédienne Fadila Benmoussa a été mise à l’honneur à cette occasion pour son engagement en faveur du patrimoine culturel.
Par ailleurs, une convention de partenariat a été signée avec l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC).
Cette collaboration permettra de rapprocher les artisans des secteurs du théâtre, du cinéma et du spectacle vivant, ouvrant ainsi de nouveaux débouchés professionnels.
Un suivi pour mesurer l’insertion des jeunes artisans
Le programme Trésors des arts traditionnels ne s’arrête pas à la formation.
Le Secrétariat d’État a également conclu un partenariat avec l’Observatoire national du développement humain (ONDH).
Cette collaboration permettra d’évaluer le parcours des apprentis après leur formation et de mesurer leur insertion sur le marché du travail.
Depuis son lancement, le programme a déjà permis de préserver 42 métiers artisanaux et de former plus de 400 jeunes.
Ces résultats illustrent la montée en puissance d’un dispositif devenu une référence dans la sauvegarde du patrimoine artisanal marocain.
L’artisanat marocain, un levier de développement durable
Au-delà de la protection du patrimoine, l’artisanat représente un secteur économique stratégique.
Des milliers d’artisans participent au développement des territoires, à la création d’emplois et au rayonnement international du savoir-faire marocain.
Dans un contexte marqué par la mondialisation et l’essor de la production industrielle, la transmission des métiers traditionnels apparaît comme un enjeu culturel, économique et social.
En investissant dans les compétences des jeunes générations, le Maroc cherche à préserver son identité tout en renforçant l’attractivité de son artisanat sur les marchés nationaux et internationaux.
Le programme Trésors des arts traditionnels illustre ainsi la volonté du Royaume de faire vivre son patrimoine, non pas dans les musées, mais au cœur de l’économie créative de demain.
Sources externes :
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