samedi 19 septembre 2026

GST de Tanger-Tétouan-Al Hoceima : ce que change la nouvelle carte de la santé

GST Tanger Tétouan Al : Le modèle pilote du groupement sanitaire territorial de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Appelé à se dupliquer dans les onze autres régions, dessine une architecture hospitalo-centrée dont les zones grises restent nombreuses.

GST Tanger Tétouan Al : ce qu’il faut retenir

Voilà bientôt deux ans que la loi 08-22, promulguée par le dahir n° 1. 23. 50 du 28 juin 2023, a créé les Groupements sanitaires territoriaux (GST). Sur le papier, la réforme fusionne dans un seul établissement public. Doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, toutes les structures publiques de soins d’une même région.

Le GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima regroupe ainsi, à terme, aussi bien le centre hospitalier universitaire que les hôpitaux provinciaux. Les centres de santé urbains et les dispensaires ruraux. L’objectif annoncé est clair : décloisonner les trois niveaux de soins, tertiaire, secondaire et premier recours. Placer un pilote unique à l’échelle de chaque région.

Ce modèle pilote de GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima sert déjà de matrice aux futurs groupements à Rabat-Salé-Kénitra. Laâyoune-Sakia El Hamra, Souss-Massa ou Fès-Meknès. Comprendre son architecture, c’est donc anticiper la gouvernance sanitaire régionale du Maroc pour les années à venir.

GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima : un organigramme à six étages

L’organigramme cible du GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima est désormais stabilisé. Il s’articule autour d’une structure à six niveaux hiérarchiques. Avec au sommet une direction générale qui concentre les décisions stratégiques et la gestion budgétaire.

En dessous, plusieurs directions régionales et pôles thématiques coordonnent la médecine hospitalière. La première ligne de soins, la logistique, les ressources humaines et la gestion financière. L’ensemble dessine une architecture fortement hospitalo-centrée, où l’hôpital reste le cœur du système. Même si la réforme affiche la volonté de renforcer les centres de santé de proximité.

Pour Najib Diouri, expert en économie de la santé et directeur associé d’Alium Santé Maroc. L’enjeu n’est pas de défendre ou d’attaquer la réforme. De soumettre cette ossature à une lecture technique. Cette analyse reste pour l’instant peu présente dans le débat public. Alors même que le GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima va inspirer toutes les autres régions.

Zones grises et questions de gouvernance

Plusieurs zones grises émergent dans ce modèle. D’abord, la place réelle accordée aux soins de premier recours. La structure hospitalo-centrée peut, si elle est mal pilotée. Maintenir une pression forte sur les urgences et les grands établissements. Au détriment des dispensaires et centres de santé de quartier.

Ensuite, la répartition des responsabilités entre le GST, le ministère de la Santé et les autres. Acteurs publics n’apparaît pas toujours lisible. Qui décide quoi en matière d’investissement, de carte sanitaire ou de ressources humaines ? Ces questions restent cruciales pour la crédibilité de la réforme.

Enfin, l’autonomie financière promise pose la question des sources de financement et du contrôle de la dépense. La centralisation au sein du GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima doit s’accompagner de mécanismes de transparence. Notamment pour rassurer les partenaires économiques et les institutions financières.

Ce que cela peut changer pour les Marocains de l’étranger

Pour les Marocains résidant à l’étranger, cette nouvelle carte de la santé aura un impact concret à moyen terme. Beaucoup de MRE se soignent partiellement au Maroc, lors des vacances ou d’un retour prolongé. Ou accompagnent des parents âgés dans leurs parcours de soins.

Avec un GST unique par région, les interlocuteurs administratifs devraient être plus clairement identifiés pour :.

  • organiser une hospitalisation programmée dans un hôpital régional ;.
  • suivre un dossier médical en coordination avec un centre de santé de quartier ;.
  • obtenir des informations sur l’offre de soins disponible avant un retour au pays.

Le caractère pilote du GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima sera particulièrement observé par les familles liées au nord du Royaume. Nombreuses dans la communauté marocaine en Europe. La qualité de la gouvernance, la réduction des doublons administratifs et la capacité à orienter rapidement. Les patients pèseront sur la confiance des MRE envers le système de santé marocain.

Pour ceux qui envisagent un retour définitif ou un investissement dans des services de santé privés complémentaires. La stabilité du cadre public régional. Incarnée par chaque GST. Sera aussi un indicateur à suivre. Au même titre que les données macroéconomiques de référence publiées par des institutions comme Bank Al-Maghrib.

La réussite ou non du modèle GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima conditionnera donc une partie de l’attractivité sanitaire du Maroc. Pour ses résidents comme pour sa communauté à l’étranger.

Pour aller plus loin, consultez notre guide Canal212 sur le dédouanement de véhicule.

Pour suivre les mises à jour officielles, consultez les informations officielles de la Douane marocaine.

Ne manquez rien de l'actualité de la diaspora !

S'inscrire à notre prochaine newsletter pour recevoir nos guides pratiques, nos conseils (démarches, investissement) et l'essentiel de l'actu MRE directement dans votre boîte mail.

AUTRES ARTICLES

- PUBLICITÉ -