À l’approche des élections législatives du 23 septembre 2026, la question de la représentation politique des Marocains du monde revient au premier plan. Si les citoyens marocains établis à l’étranger disposent de droits électoraux reconnus par la Constitution, l’absence d’une représentation parlementaire directement élue depuis l’étranger continue d’alimenter le débat.
Pour une partie de la diaspora, l’enjeu dépasse désormais la seule participation au scrutin. Il s’agit de pouvoir faire entendre directement au Parlement les préoccupations de millions de Marocains établis hors du Royaume.
Marocains du monde : un droit de citoyenneté garanti par la Constitution
La Constitution de 2011 consacre les droits de citoyenneté des Marocains résidant à l’étranger.
L’article 17 prévoit notamment qu’ils disposent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d’être électeurs et éligibles. Il prévoit également leur participation aux institutions nationales et aux élections dans les conditions fixées par la loi.
Sur le plan politique, toutefois, la traduction concrète de ce principe reste au centre des discussions.
Législatives 2026 : comment les MRE participent-ils au scrutin ?
Pour les élections législatives de 2026, les Marocains résidant à l’étranger inscrits sur les listes électorales peuvent participer au scrutin par procuration.
Le dispositif leur permet ainsi d’exercer leur droit de vote depuis leur pays de résidence, selon les modalités fixées par les autorités marocaines.
Mais ce système ne prévoit pas de circonscriptions parlementaires spécifiques aux Marocains établis à l’étranger. C’est précisément cette question qui nourrit les revendications en faveur d’une représentation directe.
Une représentation politique directe toujours réclamée
Depuis plusieurs années, des associations et des acteurs de la diaspora demandent la création d’un mécanisme permettant aux Marocains du monde de choisir directement leurs représentants au Parlement.
L’idée pourrait notamment passer par la création de circonscriptions électorales à l’étranger ou par un dispositif spécifique de représentation.
Les défenseurs de cette réforme estiment que les problématiques vécues par les MRE nécessitent une représentation politique mieux adaptée. Fiscalité, retraite, investissement, protection consulaire, mobilité ou encore retour au Maroc font partie des sujets régulièrement évoqués.
Pourquoi la réforme reste difficile à mettre en place ?
La création de circonscriptions à l’étranger soulève plusieurs difficultés pratiques.
Il faudrait d’abord définir leur périmètre et déterminer le nombre de sièges à attribuer à chaque zone géographique. Le dispositif électoral devrait également garantir l’identification des électeurs et la sécurité du scrutin.
Le vote physique dans les consulats, le vote par correspondance ou les solutions électroniques soulèvent chacun des questions techniques et juridiques.
Ces contraintes ont contribué à maintenir jusqu’à présent un système dans lequel les MRE peuvent participer aux élections nationales, sans disposer pour autant d’une représentation parlementaire directement issue de leurs territoires de résidence.
La diaspora ne veut plus être réduite à son poids économique
Le débat prend également une dimension générationnelle. Les nouvelles générations de Marocains du monde entretiennent des liens multiples avec le Royaume. Elles suivent l’actualité nationale, participent à des projets économiques et associatifs et revendiquent davantage leur place dans la vie publique.
Pour certains représentants de la diaspora, leur relation avec le Maroc ne peut donc pas être résumée aux transferts de fonds ou aux investissements.
La demande porte aussi sur la citoyenneté, la participation démocratique et la capacité à peser sur les décisions qui concernent directement les Marocains établis à l’étranger.
Les législatives 2026 relancent le débat
Le scrutin du 23 septembre 2026 constitue une nouvelle étape dans ce débat. Les Marocains du monde disposent d’un mécanisme leur permettant de participer au vote, mais la question de leur représentation directe au Parlement reste ouverte.
Pour les défenseurs d’une réforme, la prochaine législature pourrait être l’occasion de reprendre ce chantier institutionnel.
L’objectif serait de rapprocher le principe inscrit dans la Constitution de sa traduction politique concrète et de donner à la diaspora une place plus directe dans les institutions du Royaume.
Le débat est donc loin d’être clos. Pour les Marocains du monde, la question n’est plus seulement de participer aux élections, mais de savoir comment être représentés directement dans la construction des politiques publiques marocaines.
Sources externes :
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