La campagne des élections législatives de 2026 au Maroc a basculé massivement sur les écrans, révélant une campagne numérique marocaine plus coûteuse, plus sophistiquée… et encore très peu encadrée.
campagne numérique marocaine : ce qu’il faut retenir
Un rapport de l’Observatoire marocain de la veille médiatique et numérique. Consacré au suivi en ligne des législatives 2026. Montre que les partis ont fait des plateformes sociales leur principal champ de bataille. Les grands meetings physiques sont passés au second plan, tout comme les débats approfondis sur les programmes.
En 2021, le basculement vers le numérique était surtout lié aux restrictions sanitaires. En 2026, il relève d’un choix stratégique assumé. Les candidats cherchent l’audience là où elle se trouve. Sur Facebook, Instagram ou d’autres réseaux, notamment auprès des jeunes électeurs.
Pour les Marocains résidant à l’étranger, souvent éloignés du terrain politique local, cette campagne numérique marocaine devient une des rares fenêtres sur la vie publique au pays. Mais cette fenêtre est de plus en plus filtrée par la publicité et les algorithmes.
Explosion des dépenses publicitaires en ligne
Le rapport cité relève une hausse nette des investissements dans la publicité politique en ligne. Le parti qui a le plus misé sur les annonces numériques aurait dépensé près de 836. 000 dollars, contre 206. 000 dollars en 2021, soit un montant environ multiplié par quatre.
En onze jours seulement, 538 publicités politiques financées ont été recensées sur Facebook et Instagram au profit de sept partis. Ces chiffres illustrent un recours massif au ciblage payant pour toucher des segments précis de la population.
Pour un MRE, cela signifie que l’image politique du Maroc qu’il voit défiler dans son fil. D’actualité peut être largement pilotée par ces budgets de campagne. Parfois sans indication claire sur l’origine ni le financement des contenus.
IA, mise en scène de l’image et faux comptes
Le rapport pointe aussi la montée en puissance des outils d’intelligence artificielle dans la production des contenus de campagne. L’IA permet de générer plus vite des visuels. Des vidéos, voire des messages personnalisés, en phase avec les tendances du moment.
Cette accélération s’accompagne d’une communication très axée sur l’image, au détriment du débat de fond. Les formats courts, les slogans et les séquences émotionnelles dominent. Laissant peu de place à l’analyse détaillée des programmes. Y compris sur des sujets clés pour les projets de retour, d’investissement ou de transmission de patrimoine des MRE.
Autre zone grise : la présence de faux comptes ou de pages peu transparentes. Susceptibles d’amplifier certains messages ou de brouiller la perception du débat public. Pour un électeur qui suit les élections depuis l’étranger, il devient plus difficile d’identifier les sources fiables.
Influence en ligne : l’audience ne dit pas tout
L’Observatoire rappelle que le nombre d’abonnés ne reflète pas forcément l’influence politique réelle. Les données recueillies montrent des écarts entre la taille des communautés numériques des partis et l’impact. Mesurable de leurs contenus sponsorisés.
Sur Facebook, le Rassemblement national des indépendants (RNI) arrive en tête avec environ 1,4 million d’abonnés. Devant le Parti de la justice et du développement (PJD) avec 1,2 million. Le Parti authenticité et modernité (PAM). Mais cette hiérarchie ne se traduit pas automatiquement par la même domination dans le débat en. Ligne ou dans les urnes.
Quels réflexes pour les Marocains de l’étranger ?
Pour garder un lien lucide avec la vie politique marocaine, surtout à distance, plusieurs réflexes peuvent aider :.
- vérifier l’origine des pages et des comptes avant de partager un contenu ;.
- croiser les informations avec des sources officielles ou reconnues ;.
- repérer les mentions de contenu “sponsorisé” ou “publicité” ;.
- garder en tête que ce que vous voyez est souvent ciblé, pas neutre.
Les autorités sont appelées, par de nombreux observateurs, à clarifier les règles du jeu numérique : transparence des dépenses en ligne. Encadrement de la publicité politique, identification des contenus générés ou amplifiés par l’IA.
Dans l’attente d’un cadre plus précis, la campagne numérique marocaine continue d’évoluer dans une zone grise, où l’innovation technologique avance plus vite que la régulation, au risque de brouiller le regard des électeurs, au pays comme à l’étranger.
Pour toute démarche concrète liée à votre situation de Marocain résidant à l’étranger, les informations de référence restent disponibles sur le portail officiel du ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger, complément utile aux contenus qui circulent sur les réseaux sociaux.
Pour aller plus loin, consultez nos dernières informations Canal212 pour les MRE.
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